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L’espace dans «Le ravissement de Lol V. Stein», «Nathalie Granger» et «India Song». Narration, image, absence et décalage

Marie-Hélène Boucher
couverture
Article paru dans Poétiques de l’absence chez Marguerite Duras, sous la responsabilité de Marie-Hélène Boucher, Eftihia Mihelakis et Martine Delvaux (2012)

Michel de Certeau, dans l’Invention du quotidien, affirme que tout récit est récit d’espace, et que d’importantes distinctions doivent être prises en compte lorsqu’il est question de lieu et d’espace. Le lieu est lié à l’ordre, à la «loi du propre»; un rapport de coexistence régit les liens entre les différents éléments qui s’y trouvent: «Un lieu est donc une configuration instantanée de position. Il implique une indication de stabilité». À l’opposé de cela se trouve l’espace, qui correspond à des «vecteurs de direction», à des «quantités de vitesse» et à une «variable de temps»; de Certeau précise que c’est un «croisement de mobiles» qui est «animé par l’ensemble des déplacements qui s’y déploient». Le lieu devient conséquemment espace par les multiples opérations qui y sont pratiquées: «L’espace serait au lieu ce que devient le mot quand il est parlé, c’est-à-dire quand il est saisi dans l’ambiguïté d’une effectuation».

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