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Les mots de la fin: désémiotisation et apocalypse dans «In the Country of Last Things» de Paul Auster

Martin Roldan
couverture
Article paru dans Figures de la fin: approches de l’irreprésentable, sous la responsabilité de Anne Élaine Cliche et Bertrand Gervais (2001)

Se promenant dans l’Allemagne dévastée de l’après Première Guerre mondiale, Kurt Schwitters aperçoit sur une clôture l’inscription «Anna Blume und Franz Müller», signe témoignant sans aucun doute d’un amour de jeunesse idyllique, d’un havre de plénitude issu de ruines et d’objets décomposés. Schwitters s’inspire du nom de l’homme (Müller) pour créer un court récit dialogique, tandis que le nom de la femme devient un des leitmotive de ses oeuvres, une apparition récurrente caractérisant autant ses poèmes que ses dessins, collages, etc. En intitulant un recueil de poèmes inusités Die Blume Anna, Schwitters propulse cette nomination désanthropomorphisée, issue d’un presque rien, au centre de l’histoire Merz et, par conséquent, dans les rouages du mouvement dada. Anna Blume devient rapidement un tel lieu commun pour les adeptes Merz qu’elle se met à personnifier les idées Merz, ses aspirations -ou inspirations- et ses buts. Sur la couverture de Die BJume Anna se croisent les représentations d’un moulin à vent, d’une locomotive allant à reculons, d’un homme suspendu en l’air, d’une grande roue, de nombres divers, etc., le tout étant formé de tampons et de collages.

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