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Perdu dans le labyrinthe des «Liaisons dangereuses»

Danielle Laplante
couverture
Article paru dans L’imaginaire du labyrinthe, sous la responsabilité de Samuel Archibald, Bertrand Gervais et Anne-Martine Parent (2002)

Les liaisons dangereuses de Laclos est un roman polyphonique et labyrinthique. Le premier indice en est sans doute l’impression parfaitement contradictoire sur laquelle le lecteur referme le roman: ordre et confusion. Voilà les deux termes qui résument ces impressions de lecture, et ces deux termes caractérisent aussi la figure du labyrinthe. L’impression d’ordre dans Les liaisons dangereuses est si forte qu’elle pourrait, éventuellement, faire oublier la confusion ressentie et ne pas laisser apparaître l’image du labyrinthe. Le souvenir tenace de la marquise de Merteuil et du vicomte de Valmont fait des Liaisons dangereuses le roman de la volonté en marche, de la raison et non de l’errance. André Malraux d’ailleurs fait du roman «une mythologie de la volonté», parle aussi d’«une érotisation de la volonté». On est loin donc du musement, du délire paranoïaque ou de l’errance urbaine des textes modernes auxquels on associe plus facilement cette figure. Et depuis une trentaine d’années, les diverses études ont mis en évidence l’aspect extrêmement construit du roman à une époque où le plus souvent le hasard présidait à l’architecture du roman.

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