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«La gerçure énorme». Unité et éclatement du verbe à venir chez Yves Préfontaine

Élise Lepage
couverture
Article paru dans L’expérience américaine du corps. Sens et sacré en littérature québécoise moderne, sous la responsabilité de Isabelle Miron, David Courtemanche et Marie Parent (2012)
Cette femme ici ne parle que de mots
tandis que l’homme se fane debout
les mains ouvertes 
la poitrine ouverte 
son corps tout entier accueillant
la gerçure énorme d’un pays sans parole
Yves Préfontaine. Pays sans parole. 

Ces vers terminent le poème «Pays sans parole» qui donne son titre au recueil bien connu d’Yves Préfontaine, publié en 1967, mais écrit entre 1959 et 1960. Si l’on a abondamment commenté l’expression «pays sans parole», il est intéressant de relire le recueil en prêtant attention à l’entrelacement de plusieurs motifs: le corps en souffrance, les représentations métonymiques du pays et une parole oscillant entre l’incantation et la psalmodie. Dans les trois cas, une «gerçure énorme», déclinée de multiples façons dans le recueil, craquèle l’unité corporelle, territoriale et lyrique.

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