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De «Passion simple» à «Se perdre», de «Passion simple» à «Pudhas intohimo»

Sabine Kraenker
Ulla Tuomarla
couverture
Article paru dans Traduire le texte érotique, sous la responsabilité de Pier-Pascale Boulanger (2013)

«Se perdre» d’Annie Ernaux, publié en 2001, est le journal réel d’une passion amoureuse, celle qui avait inspiré le récit autobiographique «Passion simple». Le journal intime de «vérité crue» est ainsi à la base du récit paru lui en 1991. Le récit «Passion simple» a lui-même été traduit en finnois sous le titre «Puhdas intohimo» en 1996, titre que l’on pourrait traduire en français par «passion propre», propre dans le sens où il s’agirait dans le livre d’évoquer seulement la passion amoureuse, pure et exempte de tout autre sentiment. Notre objectif est de voir comment le journal décrit la passion amoureuse, comment le récit retravaille celle-ci et, enfin, comment la traduction en finnois la rééclaire dans une autre langue et une autre culture.

Se perdre d’Annie Ernaux, publié en 2001, est le journal réel d’une passion amoureuse, celle qui avait inspiré le récit autobiographique Passion simple. Le journal intime de «vérité crue» est ainsi à la base du récit paru lui en 1991. Le récit Passion simple a lui-même été traduit en finnois sous le titre Puhdas intohimo en 1996, titre que l’on pourrait traduire en français par «passion propre», propre dans le sens où il s’agirait dans le livre d’évoquer seulement la passion amoureuse, pure et exempte de tout autre sentiment. Notre objectif est de voir comment le journal décrit la passion amoureuse, comment le récit retravaille celle-ci et, enfin, comment la traduction en finnois la rééclaire dans une autre langue et une autre culture.

En quoi peut-on considérer que les textes choisis représentent des textes érotiques? Tout d’abord, on constate que les titres Passion simple et Puhdas intohimo ainsi que le contenu des livres renvoient clairement à la thématique de la passion amoureuse, qui elle-même laisse supposer des scènes ou des descriptions érotiques. Or, ce qui est intéressant et visible d’emblée, est que ni Passion simple, ni sa traduction en finnois ne contiennent la moindre trace de scène érotique, à l’exception de celle de la première page. De la même manière, la description des corps comme celle de l’amant, qui serait attendue dans ce type de thématique, est absente. Toutes les scènes érotiques et le contenu émotionnel de la passion se retrouvent, à l’état brut, dans Se perdre, c’est-à-dire dans le document que constitue le journal intime. Pourtant, la perception de la force érotique de l’histoire n’est pas absente de Passion simple. On y trouve aussi quelque chose d’un tabou, relevant de l’obscène même, dans la façon de révéler à quel point l’auteure (personnage) principale devient obsédée par cet amant.

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