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Traduire pour faire jouir

Pier-Pascale Boulanger
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Article paru dans Traduire le texte érotique, sous la responsabilité de Pier-Pascale Boulanger (2013)

Si «les traducteurs ont des pudeurs que les auteurs ne connaissent pas», c’est peut-être parce qu’ils pressentent l’inquiétante force des mots. C’est pourtant cette force qu’il faut rendre lorsqu’il s’agit de traduire un texte érotique, dont la fonction avouée est d’exciter le lecteur. Il n’est pas simplement question de traduire les mots, mais aussi la manière d’être des mots dans le langage. Et on se rend compte pour chaque type de texte, qu’il s’agisse d’un récit érotique, d’un texte humoristique ou d’un roman d’action, qu’il y a une efficacité de moyens.

Si «les traducteurs ont des pudeurs que les auteurs ne connaissent pas», c’est peut-être parce qu’ils pressentent l’inquiétante force des mots. C’est pourtant cette force qu’il faut rendre lorsqu’il s’agit de traduire un texte érotique, dont la fonction avouée est d’exciter le lecteur. Il n’est pas simplement question de traduire les mots, mais aussi la manière d’être des mots dans le langage. Et on se rend compte pour chaque type de texte, qu’il s’agisse d’un récit érotique, d’un texte humoristique ou d’un roman d’action, qu’il y a une efficacité de moyens. Faire jouir, comme faire rire d’ailleurs, sollicite des codes culturels propres à chaque langue-culture, et, dans le cas du récit érotique, le pornographe met en œuvre, par des moyens surtout lexicaux et syntaxiques, trois procédés pour atteindre la visée jouissive du texte: la clarté, la réalité et l’inventivité.

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