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L’espace comme représentation identitaire du passage de l’enfance à la maternité dans «Le bonheur conjugal» de Léon Tolstoï

Laurence Lamarre
couverture
Article paru dans Pratiques de l’espace en littérature, sous la responsabilité de Rachel Bouvet et François Foley (2002)

Le sentiment d’identité découle en grande partie du fait de pouvoir -ou non- habiter un espace bien à soi. Il n’y a pas si longtemps, se marier, pour beaucoup de femmes, signifiait non seulement la fin de l’enfance, mais aussi la séparation d’avec deux pôles identitaires importants: d’abord le nom (on adoptait celui de l’époux), puis le territoire (on quittait sa maison, voire son pays, pour adopter ceux du mari, d’où l’adage). Aventure angoissante, certes, que cette abnégation de soi définitive. L’archétype de la mariée en fuite, aujourd’hui récupéré par Hollywood, me semble témoigner de cette incapacité à préserver, à l’intérieur de l’expérience conjugale, un territoire sur lequel la jeune mariée pourra accueillir et rencontrer l’Autre, le mari, sans être envahie pour autant et sans que soit remis en question ce sentiment d’identité. Cette autopsie du mariage d’un point de vue féminin a été faite notamment par Tolstoï, dont j’ai choisi d’analyser la nouvelle intitulée Le bonheur conjugal à la lumière des concepts développés par Cosmas K. M. Badasu. Je vous ferai part, dans un premier temps, des postulats théoriques de Badasu pour ensuite vous proposer une lecture de l’espace tel que représenté dans la nouvelle de Tolstoï.

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