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Introduction. Une présence insistante et incertaine

Jean-François Chassay
Marie-Ève Tremblay-Cléroux
couverture
Article paru dans Les frontières de l’humain et le posthumain, sous la responsabilité de Jean-François Chassay et Marie-Ève Tremblay-Cléroux (2014)

«En 1802, le naturaliste Jean-Baptiste Lamarck créait le néologisme “biologie” à partir de deux mots grecs signifiant “science de la vie” (ou “science des êtres vivants”). Si on voulait retracer l’archéologie du concept de posthumain, on pourrait partir de ce moment historique: la naissance d’une science sur la constitution des organismes vivants et ce qui s’en suit. On pourrait aussi choisir de remonter beaucoup plus loin dans le temps, jusqu’aux mythologies qui fondent la civilisation occidentale (le géant de bronze Talos, chez les Grecs) ou jusqu’aux textes religieux (le golem dans le Talmud). Rien n’empêche non plus de proposer un point de départ beaucoup plus tardif: Foucault pose implicitement la question du posthumain dans Les mots et les choses, en 1966. Pour Cary Wolfe, grand spécialiste du sujet, les modifications épistémologiques qui conduiront aux réflexions contemporaines sur le posthumain naissent au moment des célèbres conférences Macy, entre 1946 et 1953, qui ont réuni nombre d’intellectuels et d’intellectuelles de différentes disciplines à la recherche d’une science générale du fonctionnement de l’esprit. Une métascience qui permettrait de créer davantage de ponts entre des disciplines de plus en plus spécialisées. Dans ce cadre institutionnel et intellectuel, Norbert Wiener définit la cybernétique qui ouvre la voie à une nouvelle définition de l’humain, devenu partie prenante d’un système généralisé reposant sur les processus de communication et le fonctionnement de l’information. La société devient un vaste ordinateur dont les humains et les machines à traitement de l’information constituent différents relais.»

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