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La cartographie morale au XVIIe siècle: la carte ou l’espace figuratif du texte moral

Marie-Josée Caron
couverture
Article paru dans Pratiques de l’espace en littérature, sous la responsabilité de Rachel Bouvet et François Foley (2002)

Au XVIIe siècle, l’imaginaire collectif, autant religieux que laïc, est encore profondément imprégné de la métaphore du viator héritée des Anciens. La vie est une traversée, dans laquelle les hommes sont «embarqués» tels des voyageurs. De la naissance à la mort, l’homme progresse dans son existence cheminant d’âge en âge dans le but de parvenir à la fin de son parcours. Lucrèce comparait poétiquement l’enfant nouveau-né au matelot rejeté par la mer après un naufrage. Du côté de la religion, l’Église catholique, et ce dès son instauration, reprend ce concept de la déambulation de l’homme, depuis sa naissance jusqu’à sa mort, et engage ses fidèles à «se conduire comme des étrangers et des voyageurs», à «cheminer dans la foi». Le discours moral ne fait pas figure d’exception. Les moralistes, dans leurs ouvrages, particulièrement les auteurs de caractères, ne veulent rien de moins que de mettre le monde en ordre en identifiant exactement tous les lieux que pourra rencontrer l’homme-voyageur au cours du voyage de sa vie. Ceci dit, c’est par un rapport analogique étroit que s’opère un subtil glissement du domaine de la morale à celui de la cartographie.

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