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Temps et altérité dans «Un thé au Sahara»

Corinne Larochelle
couverture
Article paru dans Désert, nomadisme, altérité, sous la responsabilité de Rachel Bouvet, Virginie Turcotte et Jean-François Gaudreau (2000)

Immobilité, infinité, absence de traces: trois caractéristiques du désert qui s’associent, dans l’imaginaire occidental, à l’idée d’intemporalité. Ainsi parle-t-on de sables éternels pour traduire l’impression de temps suspendu qui émane de la permanence et de l’anonymat des dunes. Traversant l’oeuvre de Paul Bowles, la problématique du temps trouve un écho particulier dans Un thé au Sahara où un couple de voyageurs, Port et Kit Moresby, accompagné de leur ami Tunner, en vient tranquillement à se fondre avec l’intemporalité du désert algérien, chacun empruntant une voie radicale, l’un la mort, l’autre la «folie». Happés par le désert, happés par la convoitise du néant, voilà des personnages en proie à cette malédiction dont parle Antoine Raybaud: «La malédiction frappe l’homme du désert parce que le désert est l’horreur de la terre -son enfer, son sacré, son aride, sa solitude, sa déréliction, son irrémédiable, sa violence irrecevable».

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