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Lecteurs, imaginaire et pratique culturelles. Altérité et cyberculture

Marie-José Fourtanier
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Article paru dans Formation des lecteurs: formation de l’imaginaire, sous la responsabilité de Max Roy, Marilyn Brault et Sylvain Brehm (2008)

Ma réflexion sur la formation de l’imaginaire des lecteurs s’inscrit dans le cadre général de l’enseignement de la littérature et de l’accès des lecteurs non experts (élèves ou étudiants) aux œuvres littéraires, de l’Antiquité à l’extrême contemporain. Dans cette perspective, j’analyserai les vecteurs possibles et les supports anciens, récents ou renouvelés, de l’imaginaire du lecteur. Je m’intéresserai plus particulièrement aux jeunes lecteurs, en m’interrogeant tout d’abord sur les effets de la pratique de la lecture et sur le rapport aux livres qu’elle suppose et qu’elle induit. Puis, j’effectuerai plusieurs déplacements en étudiant des pratiques culturelles, largement plébiscitées par les élèves, liées aux médias et à l’informatique, qu’il s’agisse de films ou de séries télévisées, de jeux de société, de jeux vidéo ou de modes de communication à distance. Je souhaiterais m’interroger sur les liens possibles et/ou souhaitables entre ces pratiques culturelles diverses et la lecture littéraire telle qu’elle est abordée à l’école. On peut se demander en effet quelle est la place de la lecture confrontée à ces diverses pratiques, d’autant plus que ce que l’on appelle au sens large la «cyberculture» ouvre d’immenses possibilités de formation de l’imaginaire tout en instaurant plusieurs strates d’altérité entre les individus et entre les générations. Dans ce cadre, il s’agit de mettre au jour les mécanismes de cristallisation et de reconfiguration de l’imaginaire d’un individu, mais aussi d’un groupe déterminé. En particulier, la cyberculture engendre-t-elle des transformations dans la formation de l’imaginaire des jeunes et l’évolution de leurs pratiques culturelles correspond-elle à la constitution d’un imaginaire collectif en relation avec ce que les sociologues appellent «la tyrannie de la majorité», pour utiliser dans un autre contexte la formule d’Hannah Arendt?

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