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Liminaire: Imaginaire et transcendance

Anne Élaine Cliche
Alexis Lussier
couverture
Article paru dans Imaginaire et transcendance, sous la responsabilité de Anne Élaine Cliche, Stéphane Inkel et Alexis Lussier (2003)

La question de la transcendance s’impose sans doute dès lors que l’imaginaire est envisagé, qui ouvre une scène à la représentation de ce qui n’a pas de lieu. Une scène pour la figuration (an, rêve, métaphore), et pour la parole.

Car la transcendance ne désigne pas seulement le «divin», il va sans dire, qui laisse entendre que nous serions appelés ou non à croire, à faire acte d’adhésion ou d’indépendance. Nous dirons plutôt que la transcendance participe de la possibilité même du sujet, qu’elle est inhérente à ce qui le constitue en tant qu’il est traversé par le sens, qu’il parle, agit, participe au théâtre, intime et politique, des représentations; alors que la scène n’est possible comme scène qu’à partir du moment où l’Autre la regarde, bref où le sens tient à même l’espace qui le fait naître. De sorte que ce n’est surtout pas la transcendance qui est imaginaire, mais l’imaginaire qui est transcendance dès lors qu’il devient l’occasion pour l’être parlant de reconnaître la coupure, la séparation qui le fonde. C’est en ce sens que l’humain se tient dans le drame de son désir.

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