Colloque
Université de Montréal

La grosse TINA: Archéologie littéraire et artistique de l'indignation politique

Dans le cadre de:
Samedi 25 Août 2012

La Cinquième Conférence inaugurale du CRIST, intitulée «La grosse TINA: Archéologie littéraire et artistique de l'indignation politique», s'est tenue le 25 août 2012. 

Le Centre de recherche interuniversitaire en sociocritique des textes (CRIST) a été fondé en 2008. Non subventionné, ce regroupement international de chercheurs compte un peu plus de soixante-dix membres affiliés dont un important contingent québécois et canadien issu de L'École de Montréal. Pour le CRIST, la sociocritique n'est ni une discipline ni une théorie. Elle n'est pas non plus une sociologie, encore moins une méthode. Elle est une perspective. À ce titre, elle a pour principe fondateur une proposition heuristique générale: la socialité des textes est analysable dans leurs procédures de mise en forme, lesquelles se comprennent rapportées à un ensemble sémiotique plus large de nature langagière ou visuelle. L'étude de ce rapport de commutation sémiotique permet d'expliquer la forme-sens de ces textes, d'évaluer et de mettre en valeur leur historicité, leur portée critique et leur capacité d'invention à l'égard de la vie sociale.

 

Programme du colloque

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Pour citer ce document:
CRIST, Centre de recherche interuniversitaire en sociocritique des textes, (org.). 2012. La grosse TINA: Archéologie littéraire et artistique de l'indignation politique. Colloque organisé par CRIST, Centre de recherche interuniversitaire en sociocritique des textes. Montréal, Université de Montréal, 25 août 2012. Documents audio. En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. <https://oic.uqam.ca/fr/evenements/la-grosse-tina-archeologie-litteraire-et-artistique-de-lindignation-politique>. Consulté le 1 avril 2023.

«Je ne peux tout de même pas aller contre la vérité du marché»: «La Carte et le Territoire», de Michel Houellebecq, ou l'art comme acceptation du monde

Ni prolétaires, ni chômeurs, ni misère dans La Carte et le Territoire. L’itinéraire du personnage principal du dernier roman de Michel Houellebecq relève au contraire de la success story – celle de l’artiste Jed Martin, coqueluche des milliardaires amateurs d’art dont l’œuvre et le parcours sont emblématiques de certaines dérives mercantiles de l’art contemporain.

La rue contre les lois

La dernière campagne électorale québécoise s’est déroulée sur fond d’une opposition bien connue en France: «le Parlement, ou la rue». L’argument sous-tend une conception représentative de la démocratie (en opposition à une vision participative) qui permit à plusieurs gouvernements français –surtout de droite, mais aussi de gauche– de combattre, avec des succès mitigés, certaines volontés populaires au nom d’une légitimité constitutionnelle nationale. L’antagonisme, complexe, met au jour l’ambiguïté des rapports entre gouvernés et gouvernants.

Marx contre Crapulinsky, Hugo contre Napoléon le petit, mais Feuilly, ah! Feuilly!

Écartant les bords de la plaie, Les Misérables oppose des indignations vulgaires à des indignations nobles, que surplombe l’indignation sociopolitique. Indignation froide de Valjean quand il pense au bagne, indignation pathétique de la putain Fantine devant Javert, indignation érudite de l’ouvrier Feuilly. Là se donne à lire une réserve d’avenir qui ouvre sur les indignés d’aujourd’hui et le mouvement «Occupy Wall Street». 

Un délit nécessaire: grafftis et street art anti-Olympiques / moisson 2012

À l'occasion de l'édition 2012 des Jeux Olympiques d'été, des pochoirs anti-olympiques et ouvertement hostiles à la commercialisation outrancière des Jeux se sont multipliés sur les murs de toutes les grandes villes d'Angleterre. Les graffiteurs ont été nombreux à s'en prendre au sigle officiel -et protégé- des olympiades: les cinq anneaux de couleur entrecroisés.

Une lecture filiforme des «Histoires minuscules des Révolutions arabes» (Chèvre Feuille Etoilée/ Éditions Chihab, 2012)

Les révolutions dans le «monde arabe» ont tant fasciné que dérangé. En plus de célébrer la contestation des dictatures, on a beaucoup misé sur un changement des mœurs; on a moins souvent souligné les aspects ambigus, parfois bien sombres, de la sexualisation des révoltes. La lecture de quelques nouvelles critiques tirées du recueil Histoires minuscules des Révolutions arabes permet de mettre en lumière ce sujet occulté d’un «Printemps» par trop chaud selon certains auteurs.

Némésis assassinée: André Chénier victime de Charlotte Corday?

À l'indignation populaire suscitée par l'attentat contre Jean-Paul Marat, André Chénier opposa, dans son ode «À Marie-Anne Charlotte Corday», son propre sentiment d'injustice devant le sort réservé à la meurtrière. Geneviève Lafrance s'intéresse ici à la façon dont le «juste hommage» rendu par Chénier à Corday puise à même le grand bassin d'images et de motifs à l'aide desquels s'exprima la colère de ceux qui vilipendèrent Corday et regrettèrent l'Ami du peuple.

Mettre la grosse TINA au régime démocratique: Nous sommes avenir de la CLASSE

La grève étudiante de 2012 a été, entre autres choses, un moment privilégié d’affrontement entre deux discours sur l’éducation : l’un strictement économique (gouvernemental) et l’autre d’abord politique (militant). Entre les deux se creuse un différend insurmontable, selon l’expression de Lyotard, à partir duquel se pose la question de la possibilité d’une alternative efficace, fédératrice à la pensée néolibérale.

Six communications pour le prix d'une

La première ébauche une comparaison entre indignation et ressentiment; la deuxième suggère une filiation qu’il faudrait explorer dans l’histoire des idées politiques: avec la critique sociale qu’elle pratiquait, l’époque romantique aurait inventé quelque chose de décisif pour la modernité, qui carburera par la suite à l’indignation; la deuxième «bis» souligne l’intérêt qu’aurait une recherche sur l’indignation contrefactuelle: pour une critique qui puise sa dignité dans une indignation à l’égard du monde, rien n’est plus scandalisant que de faire voir les maux présents du point de vue d’un