Université du Québec à Montréal

Les masques des politiques aux premiers temps de la COVID-19

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Le port du masque est une norme sociale qui s’est répandue dans le monde entier depuis janvier 2020 en raison de la pandémie de coronavirus COVID-19. Certes le masque joue un rôle de protection de soi et des autres, mais il devient par ailleurs un vrai sujet politique. D’ailleurs, le port du masque sanitaire entre dans le domaine discursif, dans la mesure où il est aussi relié à la façon de communiquer et d’exprimer son existence et son identité.

 

Le masque et le pouvoir

Le choix de porter ou de ne pas porter un masque relève certes d’une question existentielle. Mais depuis le début de la pandémie de COVID-19 et la fabrication effrénée de masques de sortes et de styles fort variés, le masque de protection est aussi devenu un instrument de réalisation de soi. En créant son propre style, l’individu se démarque d’un autre en affirmant sa personnalité et son identité. Plus encore, après s’être informé sur la symbolique et la signification que peut revêtir tel ou tel masque, en fonction du look et des vêtements qu’il choisit de porter, un politicien opte pour une apparence qui est aussi un signe de pouvoir, c’est-à-dire un signe de force et de liberté de choix, qui sont deux valeurs indispensables servant à le définir, en l’occurrence comme individu et comme chef d’état.

Or il est pertinent de rappeler que, dans certaines parties du monde et à certaines époques, le masque fut lié au mythe du sous-homme. Par exemple, les esclavagistes ont utilisé en Amérique, dans les plantations du Sud, des bâillons de fer; et les colonisateurs européens ont imposé, en Afrique, le masque en métal afin de punir les esclaves récalcitrants et les fugitifs. Aussi le masque était-il alors signe d’infériorité et de faiblesse.

Les esclaves étaient battus avec plus de certitude et de régularité qu'ils ne recevaient à manger. C'est ce qui devait les motiver à travailler et maintenir l'ordre. Il n'y avait rien que la peur et une imagination dépravée puisse inventer qui n'était pas utilisé (…) des fers aux mains et aux pieds, des blocs de bois que les esclaves devaient trainer derrière eux où qu'ils aillent, le masque en métal pour empêcher les esclaves de manger la canne à sucre, le collier de fer. (Mazama: 28)

Le «masque de fer», qui s’apparente à une muselière, connaît plusieurs formes et plusieurs usages qui serviront, notamment, à connoter la servitude ou la culpabilité. En usage en Europe dès le Moyen Age et jusqu’au XIXe siècle, le «masque de honte» dont on affublait le criminel, représente l’infamie.

Au début de la pandémie de COVID-19, notamment au moment où le port du masque est devenu nécessaire et fortement recommandé par les autorités sanitaires, certains politiciens sont allés jusqu’à refuser de le porter. Pour certains, en effet, le masque marque l’infériorité de la personne qui le porte. On n’a qu’à penser au comportement du président américain Donald Trump. Porter le masque aurait été pour lui un signe de faiblesse, le fait d’un sous-homme incapable de combattre le virus. D’ailleurs, au moment où Trump a attrapé le virus, il s’est évertué à montrer qu’il ne s’agissait que d’une petite grippe. Avec le mythe du sous-homme portant le masque, apparaît un autre mythe, celui du surhomme nietzschéen, que Gilbert Merlio définit comme suit:

Le surhomme est l’homme qui vainc le nihilisme en approuvant le monde tel qu’il est, dans sa dimension absurde, aléatoire et tragique, et en laissant s’exprimer à plein sa volonté de puissance, c’est-à-dire sa capacité de création par-delà bien et mal […] Il est fait appel à la volonté des hommes pour qu’ils se haussent au rang de surhomme. (Merlio: 73)

Refusant de se protéger à l’aide d’un masque, certains hommes politiques refusent d’être les esclaves du virus. Ils veulent se montrer forts aux yeux des citoyens et aux yeux du monde, considérant être leurs idoles. Ils justifient le fait de ne pas porter le masque en affirmant qu’on ne saurait l’imposer et en évoquant le libre choix. Ainsi, Emmanuel Macron et Donald Trump affirment, au début de la pandémie, qu’ils sont libres et optent pour le non-respect du protocole sanitaire international en ce qui concerne le port du masque.

En revanche, d’autres veulent montrer à leurs commettants qu’ils partagent leur situation et cherchent à se montrer solidaires. Pour eux, porter le masque exprime le refus de toute hiérarchie. En outre, ils le font pour inciter les citoyens à être plus attentifs aux précautions à prendre. Prenons l’exemple des pays pauvres où les dirigeants ne cessent d’évoquer la difficulté de la situation et encouragent les gens à porter leurs masques afin de réussir, ensemble, à se sortir de la crise. En Tunisie, par exemple, le président, les ministres et les hommes politiques ont adopté le masque protecteur en donnant souvent l’impression d’exhorter les gens à prendre soin d’eux afin de préserver les services de santé pour la plupart déjà mis à mal. Ou encore, le président russe, Vladimir Poutine, qui, au début de la pandémie, portait une combinaison de protection et un masque à gaz lors de sa visite à l’hôpital de Kammounarka. Il ne cessait de parler, dans ses interviews, de la gravité de la situation en incitant les Russes à ne pas sortir afin de ralentir la propagation du virus. (Métro, 2020)

(Fig.1) «Vladimir Poutine porte une combinaison de protection lors de la visite d’un hôpital qui soigne des patients atteints du coronavirus», le 25/03/2020, AFF. Photo Alexei Druzhinin/TASS via Getty Image.

 

Inscriptions et couleurs politiques

Le masque sanitaire appartient, comme n’importe quel autre vêtement, à un style de vie; il devient une façon de communiquer et s’impose parfois comme attribut de la personnalité. En d’autres termes, il peut devenir un facteur d’individualisation. C’est un véritable acte de communication et la personne qui le porte peut s’en servir comme d’un support d’inscription. Mais le masque sanitaire peut aussi bien servir un discours officiel. En France, Emmanuel Macron a porté à plusieurs occasions un masque sur lequel était imprimé un liseré aux couleurs du drapeau français, le bleu, le blanc et le rouge.

Sur la première photo de la série présentée plus haut (fig.2), Macron visite une école primaire située dans les Yvelines après le premier confinement. Il porte un masque de couleur bleu nuit, sur lequel on aperçoit le liseré tricolore. Le choix de la couleur n’est ni innocent ni arbitraire; chaque couleur ne peut être saisie sans que l’on ait compris sa symbolique et son influence. La couleur froide qu’est le bleu nuit renvoie à la mer profonde; elle connote la loyauté, la confiance et la sécurité. Le président cherche à donner de l’espoir dans des circonstances où la flambée de l’épidémie ne s’arrête pas. Mais surtout, il choisit de porter un masque «made in France», fabriqué par la bonneterie Chanteclair, soit un masque «grand public». (Lambert, 2020) Lors d’une intervention télévisée, il exprime son souhait de généraliser le masque afin que tous le portent. La catastrophe sanitaire provoque un moment national que les médias s’empressent de relayer.

Par ailleurs, l’omniprésence du drapeau sur les masques portés par Macron (fig.2, 3, 4) donne une certaine idée de la fierté d’être français et appelle les citoyens à être solidaires pour vaincre leurs peurs et surmonter la crise du Coronavirus. Certes Macron, le président, est attristé de voir son pays souffrir, mais il essaie d’envoyer un message d’optimisme autant que d’autorité.

La couleur est un élément essentiel dans la transmission de ce message et, comme tout signe linguistique, elle doit être étudiée selon deux plans: celui de l’expression et celui du contenu. Selon le Groupe µ, sur le plan de l’expression, la couleur peut être analysée en fonction de sa luminance (ou brillance), de sa saturation et de sa nuance. La luminance concerne les valeurs de contraste qui font qu’une couleur paraît plus vive lorsque nous la regardons en même temps que sa couleur complémentaire. Quant à la saturation, elle correspond à son intensité selon la quantité faible ou élevée de pigments qu’elle contient. Une couleur est saturée si elle est vive; elle ne l’est pas si elle est terne et grise. Enfin, la nuance d’une couleur renvoie à sa teinte, à sa place dans le spectre des couleurs et aux différents tons par lesquels elle peut passer. Mais au plan du signifié, la couleur doit être étudiée, analysée et comprise au regard des éléments symboliques qu’elle comporte. Une telle analyse nécessite une certaine connaissance de la culture chromatique puisque la forme et le sens sont intimement liés. La couleur du masque peut nous informer, par exemple, sur la position politique ou idéologique de celui qui le porte. Il peut avoir l’effet d’une pétition, d’une prise de position sur un enjeu précis.

(Fig.5) Séance plénière de l’Assemblée des représentants du peuple tunisien, le 2 octobre 2020, chaîne de télévision El Wataniya 2.

Voyons par exemple le cas de certains députés tunisiens qui, lors d'une plénière à l'automne 2020, mirent en vedette le masque sanitaire de couleur noire (fig.5). Suite à l'agression subie par Moussa ben Ahmed, député d'Ennahda, aux mains de la présidente du Parti Destourien Libre, Abir Moussi, les députés d'Ennahda et leurs partisans du parti "Al Karama" (Coalition de la dignité) décidèrent de porter plainte contre elle en optant pour un masque noir sur lequel il était écrit: «Excusez-vous, on est tous Moussa ben Ahmed». Par le choix de cette couleur, ces députés ont voulu exprimer leur colère et leur déception face à la réaction de l'État qui ne sévissait pas contre une députée qui avait pourtant agressé un collègue en lui donnant des coups avec son sac à main, en l'insultant et le traitant, lui et ses confrères, de «salafiste» et de «Daesh».

La couleur est un signe iconique qui comporte un message que nous devinons le plus souvent intuitivement. Mais elle fonctionne également en tant que véritable langage, lequel exige un certain savoir culturel. C’est ce que Roland Barthes appelle un «message iconique codé» ou «symbolique» (Barthes: 42). Par exemple, les masques chirurgicaux de couleur bleu pâle ou blanche symbolisent l’urgence sanitaire et rappellent qu’il s’agit bien de barrer la voie à un virus afin de protéger les services de santé et les malades.

Porter un masque est parfois lourd de significations. Dépendamment du contexte, ce simple appareil peut être prétexte à énoncer maintes choses. Aux premiers temps de la pandémie, les dirigeants ont pris l’habitude de changer de masque en fonction des lieux visités ou des groupes auxquels ils se sont adressés. Lors de leur participation aux travaux du Premier Forum mondial sur la santé, des politiciens tunisiens travaillant au sein du Ministère de la Santé Publique ont porté un masque référant au drapeau tunisien, soit un masque affichant le liseré tricolore (vert, blanc et rouge). Au moment où la pandémie de Covid-19 s’est développée, la majorité des députés de l’Assemblée Nationale de Tunisie portait un masque représentant le drapeau de leur pays. Ils cherchaient à convaincre le peuple tunisien que leur première priorité était l’État. À l’automne 2020, un représentant du gouvernement italien discutait avec deux Tunisiens (le ministre de la santé et l’homme d’affaires Kamel Ghribi de GK Investment Holding Group) au sujet du «plein soutien [de l’Italie] à la Tunisie dans sa lutte contre la pandémie du Covid-19 […]». («Conte au Dr Mahdi…», 2020) Sur la photo (fig.6), Kamel Ghribi arbore sur son masque un deuxième macaron, celui du drapeau italien, exprimant ainsi à son tour sa solidarité avec l’Italie.

 

Le masque sanitaire comme accessoire de la mode

Au cours de la pandémie, outre son rôle protecteur, le masque sanitaire a vu ses fonctions se diversifier. Objet au service d’un style de vie ou signe d’appartenance à un groupe social, il est aussi devenu un accessoire de la mode. La mode «est une manière de se vêtir mais surtout une façon d’appartenir à un groupe social ou à l’inverse [sic] de s’en détacher. Dans notre société, la mode est un attribut de la personnalité1» (Manga: 234). Aussi, la présidente slovaque, Zuzana Čaputová, soigne-t-elle la couleur de son masque en le choisissant pour l’assortir à sa tenue. (fig.7)

La bonne humeur de la présidente et le milieu serein qui sont évoqués par la couleur de son masque et de sa tenue contrastent avec la crise du Coronavirus qui sévit dans le pays et dans le monde entier où elle suscite plutôt un sentiment de peur et d’inquiétude. Dans ces images de la présidente, une impression de chaleur, de dynamisme et d’optimisme se dégage. Cette impression contraste avec celle laissée par les autres membres de son gouvernement dont la majorité–des hommes–portent des masques de procédure et des costumes identiques un peu ternes (fig.8). Sur cette photo au moment de l’assermentation, le fait que tous soient masqués et bien alignés donne certes l’impression que la Slovaquie est un pays discipliné. Et l’image centrale de la présidente met l’accent sur la parfaite coordination de sa tenue, toute en rose framboise, une couleur plus chaude et plus marquée que celle qu’arbore sa collègue féminine habillée de rose pâle. Si la couleur rose vient caractériser le pouvoir féminin, la coordination parfaite entre le masque, la tenue et les chaussures de la présidente indique qu’elle est en contrôle de la situation.

 

Conclusion

Instrumentalisé par les politiques, le masque sanitaire se transforme en outil de mobilisation politique, voire en un dispositif efficace pour gagner la sympathie des citoyens et agir sur autrui. Il fonctionne, dans la plupart des cas, comme un discours portant sur une information déjà connue, en lien avec l’actualité. Les politiques choisissent tel ou tel masque afin de rappeler l’événement ou la situation de la pandémie; ils expriment leur solidarité, voire leur point de vue à propos d’un enjeu précis. Le masque sanitaire se définit alors comme un objet de médiation reposant sur une interaction entre celui qui le porte et la société. Il excède son rôle de protection contre la Covid-19 et devient une surface d’inscription (le liséré des drapeaux cousus sur elle), une interface, un objet de communication. Le masque sanitaire, véritable icone, inspire à son tour la création d’autres masques, comme ce masque de déguisement commercialisé à l’effigie de Macron masqué, vendu sur Internet (fig.9).

On ne saurait négliger qu’il existe par ailleurs des masques de politiciens d’un tout autre registre, eux aussi commercialisés, et qui n’ont plus rien à voir avec la protection sanitaire. Nous pensons à ces artefacts en carton ou en latex qui permettent aux citoyens d’avoir autant de visages que les plus célèbres hommes politiques. Ces masques effigies accentuent le plus souvent les traits du visage par la caricature, comme c’est le cas de ce masque à l’effigie de Donald Trump dont la bouche et les dents sont surdimensionnées (fig.10).

 

Bibliographie et médiagraphie

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Pour citer ce document:
Mimouni, Fairouz. 2022. « Les masques des politiques aux premiers temps de la COVID-19 ». Dans L'imaginaire intermédial du masque. Carnet de recherche. En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. 29 mars 2022. <https://oic.uqam.ca/fr/carnets/limaginaire-intermedial-du-masque/les-masques-des-politiques-aux-premiers-temps-de-la-covid>. Consulté le 9 février 2023.
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