Hors collection, 01/01/2013

Cinéma populaire et cinéma de répertoire: pour une intégration commune dans les cours de philosophie

Philippe St-Germain
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Comme certains et certaines d’entre vous, ma vie d’étudiant au collège fut ponctuée par des sorties de classe afin d’aller visionner un film dans un local technologiquement mieux pourvu, et par les entrées grandiloquentes d’un téléviseur et d’un magnétoscope avant des projections annoncées dès le début de la session. De tels «événements» se produisent de moins en moins aujourd’hui, nos classes étant désormais suffisamment bien nanties pour que l’on projette des images —photographies, diapositives ou vidéos— sur le champ. Cette conjoncture favorise la présence du cinéma dans les cours de philosophie1En parlant de l’utilisation du cinéma dans nos cours, j’inclus les films —ou les extraits— projetés en classe, mais aussi les références à des films que l’on ne projettera pas.. Dans ce qui suit, j’aimerais surtout revenir sur une distinction récurrente quand on aborde le sujet, soit une division assez marquée entre le cinéma dit «populaire» et le cinéma «de répertoire2L’appel de textes pour le dossier thématique du présent numéro fournit sa propre formulation: «que ce soit par l’entremise d’un cinéma populaire ou plus recherché, innovateur et plutôt intellectuel».». À titre d’exemple, on considère généralement que la projection d’un blockbuster hollywoodien contemporain et celle d’un film d’Alain Resnais ou Stanley Kubrick offrent des expériences —pédagogiques, esthétiques, etc.— bien différentes3Ce type de questionnement intervient aussi à propos des textes, lorsqu’on tente d’évaluer si un texte est accessible pour nos étudiants et s’il mérite donc d’être inclus dans le cursus.. À mon sens, il n’est pas nécessaire de favoriser l’un des deux types aux dépens de l’autre. Le type de film choisi est moins décisif que l’usage auquel on le soumet dans nos cours. Après avoir rappelé que les cours de philosophie confrontent les étudiants à ce qui leur est familier, mais aussi (et même surtout) à ce qui leur est étranger, je tenterai de montrer que le «cinéma populaire» et le «cinéma de répertoire» peuvent fournir des expériences de pensée utiles et stimulantes. L’usage que l’on fait du cinéma dépend surtout du sens que l’on veut faire ressortir du film —un sens qui peut être littéral, quand on s’en tient surtout à ce qui est dit et montré, ou figuré, quand l’essentiel réside plutôt dans ce que le film suggère.

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Cet article a d’abord été publié dans la revue Philosopher, n°26, en 2013.

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    En parlant de l’utilisation du cinéma dans nos cours, j’inclus les films —ou les extraits— projetés en classe, mais aussi les références à des films que l’on ne projettera pas.
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    L’appel de textes pour le dossier thématique du présent numéro fournit sa propre formulation: «que ce soit par l’entremise d’un cinéma populaire ou plus recherché, innovateur et plutôt intellectuel».
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    Ce type de questionnement intervient aussi à propos des textes, lorsqu’on tente d’évaluer si un texte est accessible pour nos étudiants et s’il mérite donc d’être inclus dans le cursus.
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