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Temps Ground Zero. Don DeLillo et la «contre-narration» du 11 septembre dans «Falling Man»

Jean-Philippe Gravel
couverture
Article paru dans Fictions et images du 11 septembre 2001, sous la responsabilité de Bertrand Gervais et Patrick Tillard (2010)

Cinéma d’Hollywood mis à part, s’il existe une œuvre dans la culture américaine qui semble avoir écrit d’avance le scénario des attentats du 11 septembre, c’est bien celle de Don DeLillo. Hanté, surtout, par l’héritage de la guerre froide, qui a captivé et inquiété l’imagination d’une Amérique prospère dont les idéaux de progrès et d’autodétermination s’épanouissaient sur un arrière-plan de catastrophe imminente, son projet romanesque, de ses débuts à «Underworld», se lit comme un bréviaire des formes contemporaines de la terreur: désastres écologiques dans «White Noise» ou «Underworld», conspirations et assassinats politiques dans «Libra» —le roman dont Lee Harvey Oswald est le héros—, infiltration de l’intelligence américaine sur le terrain miné des sociétés proche-orientales dans «The Names», attentats terroristes dans «Players» ou «Mao II»… Ces titres ont interrogé avec une belle constance la part obscure d’une époque de progrès et d’expansion, dont l’emprise croissante semble avoir généré ses propres fantasmagories d’apocalypse.

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