Hors collection, 01/01/2012

Un sentiment de vacance et d’éternité: «Dora Bruder» contre l’histoire

Nicolas Xanthos
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À bien des égards, et malgré toute la mélancolie qui s’en dégage, Dora Bruder est un texte en lutte, qui fait de la lutte son mode d’existence et son principe poétique, et qui inscrit ces modalités agonistiques à même son écriture. Tout d’abord, ce texte s’érige contre le travail de l’oubli – un oubli causé par le temps, certes, mais aussi par la volonté de ceux qui, peu avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, ont détruit les documents incriminants de la Police des questions juives et par la volonté de ceux qui, dans l’après-guerre, ont cherché à imposer une «couche épaisse d’amnésie» sur les heures sombres de l’Occupation; autant de «sentinelles de l’oubli» (DB, 16) dont l’action a eu pour effet de généraliser l’effacement des traces de Dora et des siens et, conséquemment, de réduire les possibilités de dire quelque chose de ces existences ordinaires.

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Cet article a d’abord été publié dans MNL (vol. 127, n°4) en 2012.

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