Université du Québec à Montréal

OIC: Observatoire de l'Imaginaire Contemporain

Groupe de recherche de l'OIC
Ce carnet propose à qui désire participer de réfléchir à l’une des multiples formes que peut prendre la puissance de l’image, en articulant sa pensée autour d’une image saisissante. Carnet des activités du groupe de recherche de l'OIC.
Pour citer ce document:
Laboratoire NT2,. 2011. OIC: Observatoire de l'Imaginaire Contemporain. Carnet de recherche. En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. <https://oic.uqam.ca/fr/carnets/oic-observatoire-de-limaginaire-contemporain>. Consulté le 28 novembre 2022.

L'imaginaire de la fin

Morgane Leray, docteur ès Lettres et chercheuse à Aix-Marseille Université, spécialisée dans l'imaginaire de la décadence et de l'apocalypse, a ouvert tout récemment en mai dernier un carnet de recherches sur hypotheses.org (CNRS, EPHE, AMU). Vous êtes invité.e.s à découvrir cette plateforme collaborative de diffusion de recherches sur l'imaginaire de la fin, imagapoca. Ce carnet a pour objet de colliger études et documents sur l’imaginaire de la fin (décadence, apocalypse, eschatologie), de l’Antiquité au XXIe siècle. S’il est initialement un projet individuel, ce support numérique vise un travail collaboratif.

La puissance figurale des images oniriques chez Pedro Pires

Cette image, photogramme tiré de la première scène du court-métrage Hope (2011) du cinéaste Pedro Pires, est puissante par sa capacité d’évocation figurale puisqu’elle nous permet, dans le sens où l’entend Philippe Dubois, de voir ce que voit le cinéma. C’est-à-dire qu’une fois débarrassée de sa référence mimétique à La création d’Adam de Michel-Ange (1508-1512) et à l’Enfant géopolitique observant la naissance de l’homme nouveau de Salvador Dalí (1943), une fois saisi le paradigme métaphorique de l’univers martial, des désastres de la guerre à la chute de l’homme dans la bêtise de l’orgueil et de la vanité, ce photogramme permet la prise en considération de la figurabilité permise par le cinéma de l’onirisme, la poétique de l’image brute dans sa dimension phénoménologique, sans appel dialogique ou narratif, bref, le travail de l’image en train de se faire, en train de se regarder. 

L'oeil qui pulse

«Entering the Inferno», se traduisant comme l’entrée en enfer, est la photographie que Karen Lunney a soumise au concours du National Geographic en 2013. Prise au vif lors de la migration saisonnière des gnous au Kenya, cette photo donne à voir des bêtes soudainement surprises par un courant violent. Le chaos que leurs cornes dessinent dans l’eau, virevoltant en toutes directions, laisse deviner la confusion dans laquelle elles s’engouffrent. Si elles veulent survivre au déchainement de la rivière Mara, elles doivent trouver une terre ferme où poser pied. 

Andreas Gursky: la puissance du faux

Le consumérisme contemporain nous donne la possibilité de vivre des «expériences» déroutantes et paradoxales marquées par le choc et la surstimulation, et qui, dans un même mouvement, nous renvoient à une condition existentielle dénuée de sens1. Dans ces espaces voués à la consommation – du grand magasin au «power-center», en passant par le centre commercial et le magasin grande surface –, l’expérience de la déambulation qui s’y rattache n’est peut-être pas complètement refermée sur elle-même. Peut-être est-elle capable de dévoiler une certaine vérité sur la réalité contemporaine, à condition que nous soyons en mesure de saisir cette expérience et de la transformer, ou plutôt de la dialectiser.

La puissance de l'image documentaire: les «scavengers» et les mines d'ordures

En 2002, le photographe français Paul-Antoine Pichard a réalisé une série de photos intitulée Mines d’ordures, où l’on voit des gens qui fouillent dans les décharges et les dépotoirs de divers pays: Cambodge, Philippines, Sénégal, Inde, Madagascar, Égypte, Mexique, Thaïlande. Une image, en particulier, montre la puissance des inégalités socio-économiques.