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Chiennes de faïence de mère en fille: les mères gigognes dans «La dévoration des fées» de Catherine Lalonde

Avec «La dévoration des fées», Catherine Lalonde réécrit et reprise. Elle emprunte à Josée Yvon, dont les mots, en exergue ici, annoncent la cinquième et dernière partie de son récit; elle investit les genres du conte et de la légende pour les réinventer. En reprenant en filigrane les écritures de quelques autrices qui la précèdent et qu’elle salue à la toute dernière page de son livre, elle s’inscrit elle-même dans une filiation littéraire, parmi d’autres femmes créatrices. Elle élabore, ce faisant, un langage féminin, qui, dans le texte, prend origine de la mère (Saint-Martin,1999: 302). Porté par une voix de femme («(je parle comme une grand-mère)» (DF, 10), lit-on à la toute première page), le récit s’établit à partir d’une généalogie toute féminine.

Martine, une aventurière du quotidien

Friday 11 June 2021
Entretiens Pop-en-stock
Participant·e·s:
Dominguez Leiva, Antonio
Boudart, Laurence

Dans cet épisode, Antonio Dominguez Leiva s'entretient avec la chercheure belge Laurence Boudart à propos de son plus récent ouvrage: Martine, une aventurière du quotidien, publié en mars 2021 dans la collection "La Fabrique des héros" aux éditions Les Impressions nouvelles. Ils abordent la naissance de Martine en tant qu'héroïne sans quête et sans péripéties en plein cœur des Trentes glorieuses et son évolution au fil des décennies. Pour plus d'information sur l'ouvrage, consultez le site officiel de l'éditeur.

Nos fantômes et nos vies. Littérature et théâtre aux prises avec l’amnésie sociale (Didier Eribon et Edouard Louis)

En souscrivant à la proposition de Stanislas Nordey d’écrire pour le théâtre, Édouard Louis choisit de revenir à la figure paternelle, déjà au cœur de son premier roman En finir avec Eddy Bellegueule (2014). Raconter sa nécessaire fuite du milieu de son enfance s’apparentait alors à une tentative de «faire mémoire» pour mieux comprendre les raisons de son départ.

Berceuse et conteuse: Marceline Desbordes-Valmore, poète maudite à la croisée des genres

«Seule femme parmi les poètes maudits, Marceline Desbordes-Valmore, actrice et chanteuse devenue poète autodidacte, participe au remodelage de l'espace lyrique dans les années 1820 à 1840. S'enchantant des élégies de cette poète et saluant son génie naturel, Sainte-Beuve considère toutefois que lorsqu'elle se met à conter ''elle tombe'', écrit-il, ''dans le petit, dans l'imperceptible, dans la vignette scintillante''.

Dialectique de l'espace intime dans le roman «Chant pour enfants morts»

À l’instar du « champ littéraire [qui] se réorganise périodiquement par une redistribution des valeurs » (Boyer, 2008: 20-21), les perspectives épistémologiques se chevauchent et se concurrencent en fonction d’enjeux paradigmatiques engendrant des approches et des courants théoriques. Suite au déclin du linguistic turn qui dominait les sciences humaines dans les années 1960, émerge, dans les années 1980, un tournant spatial (Collot, 2018 : 29) qui se développe considérablement autant en études culturelles (Mattelat et Neveu, 2010: 104-105) que dans les sciences sociales en général (Besse, 2010 : 1). Cependant, ce tournant ne semble pas se manifester ad nutum en études québécoises.

J. W. von Goethe et la malédiction du désir

«Je vais essentiellement vous parler d'un épisode qui est raconté dans Poésie et Vérité, les mémoires de Goethe. Dans ces mémoires -avant l'épisode dont je vais parler- dans les souvenirs d'enfance de Goethe, on retrouve le souvenir d'un rêve d'enfant qui ouvre un conte pour jeunes garçons que Goethe intitule Le Nouveau Pâris. C'est un conte qui s'inscrit après coup dans la lignée des contes de Goethe dont La Nouvelle Mélusine, un autre conte que Goethe a imaginé plus tard à la suite de ses aventures amoureuses avec Frédérique Brion.

La raison graphique dans «L’Amant de la Chine du Nord» de Marguerite Duras: mise en scène du personnage littératien comme vecteur de transmission.

«L’Amant de la Chine du Nord» est l’un des derniers textes écrits par Marguerite Duras: il marque l’un des points finaux d’une vie passée à écrire, et clôt définitivement le cycle indochinois retraçant le thème –et ses (nombreuses) variations- de la rencontre avec l’amant Chinois. Bien moins populaire que son hypotexte «L’Amant», il n’en reste pas moins un roman d’une grande richesse interprétative car s’y mêle jusqu’à l’excès tout ce qui a fait le succès de la mythologie durassienne.

Devenir homme, devenir réfractaire: «L’Enfant» et «Le Bachelier» de Jules Vallès

De Charles Dickens (David Copperfield, 1850; et bien d’autres) à Jules Renard (Poil de carotte, 1894), en passant par Maxime Du Camp (Mémoires d’un suicidé, 1853), Alphonse Daudet (Le Petit Chose, 1868), ou encore Eugène Sue (Misères des enfants trouvés, 1851), les enfants malheureux en famille ou à l’école sont au cœur de nombreux romans du XIXe siècle. Jules Vallès s’inscrit dans cette lignée en publiant la trilogie Jacques Vingtras, un cycle autofictionnel. Les deux premiers romans, L’Enfant (1878) et Le Bachelier (1881), retracent les années d’apprentissage de Jacques. Né d’une paysanne et d’un professeur de collège (longtemps resté pion), le héros fait face à l’éducation violente de ses parents et notamment à la cruauté ignorante de sa mère. Les duretés de l’école et de sa discipline sont une souffrance supplémentaire pour l’enfant.

Composer avec l'innommable: écritures contemporaines de l'enfance souffrant

Cette conférence, qui reprend les grandes lignes de la problématique de la thèse d’Émilie Brière, Écrire la souffrance de l'enfant au tournant du XXIe siècle: le récit à l'épreuve de l'innommable, porte sur six récits parus en France dans les quinze dernières années et qui ont en commun traiter la représentation de la souffrance de l'enfant comme une pierre de touche sur laquelle s'éprouve aujourd'hui la valeur de la littérature.

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