Université du Québec à Montréal

Ensauvagement du personnage et écriture ensauvagée

Cnockaert, Véronique
L'hypothèse de ce groupe de recherche est que les personnages ensauvagés sont la fixation symbolique d'un jeu d'ensauvagement social, historique, mais aussi esthétique dont il s’agit pour nous de cerner les enjeux.
Pour citer ce document:
Cnockaert, Véronique. 2017. Ensauvagement du personnage et écriture ensauvagée. Carnet de recherche. En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. <http://oic.uqam.ca/fr/carnets/ensauvagement-du-personnage-et-ecriture-ensauvagee>. Consulté le 23 octobre 2017.

«Au Bonheur des Dames» ou l'histoire d'un ensauvagement capitaliste

Au fil de ces pages, nous tenterons de montrer comment le grand magasin du roman perturbe les coutumes liées au commerce, opérant un ensauvagement qui dépasse la simple vente, mais provoque une nouvelle manière de vivre dans le renouvellement constant de son apparence, changeant aussi les habitudes de travail radicalement.

Édouard Louis, «En finir avec Eddy Bellegueule»: une littérature ensauvagée de l’exclusion

En finir avec Eddy Bellegueule est un roman autofictionnel ancré dans une société prolétarienne violente, cloisonnée par des valeurs masculines exacerbées, hermétique à la différence et aux possibilités de changements. L’auteur y narre sa stigmatisation en tant qu’homosexuel et son combat non pas pour s’imposer, mais pour intégrer cette société dont les valeurs sont inverses aux siennes.

Ensauvagement du personnage et écriture ensauvagée

 

Si les figures du sauvage et ses métamorphoses ont nourri nombres de fictions littéraires, force est d’admettre qu’à chaque époque correspond une figure particulière. Aussi le «vrai» sauvage est-il une construction culturelle toujours datée, néanmoins toutes ces représentations se fondent sur un système d’oppositions (nature/culture; civilisé/barbare; autochtone/étranger; bien/mal; etc.).

La figure du sauvage prend donc différents visages suivant les époques auxquelles elle appartient: homme-animal, sorcière, monstre, ogre, fou, criminel, psychopathe, mais aussi l’étranger, etc., chacune de ces incarnations étant ancrée dans un imaginaire collectif précis. Dès lors quelque soit la figure, il est possible de parler de sauvagerie fortement socialisée. D’ailleurs, les textes que nous travaillons au sein de ce groupe de recherche donnent la faveur au «sauvage» dans la cité tel un autre «malaise dans la civilisation».