Activités Figura - NT2 / UQAM et Concordia

Cyborgs in the Mist/Cyborgs dans la brume

Laboratoire NT2 - Tue, 2017-10-17 15:06
Auteur·e·s:  Marsolais-Ricard, Charles

Cyborgs in the Mist/Cyborgs dans la brume (2011-12) est un film réalisé par les artistes et chercheurs Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon dans le cadre du projet du même nom comprenant aussi des tirages photographiques grands formats et une installation sonore in situ1. Le film consiste en une initiative utopique proposant l’instauration du laboratoire LOPH (Lutte contre l'Obsolescence Programmée de l'Homme) à proximité de la villa Coignet. Fondé par le duo d’artistes, l’objectif général de ce laboratoire est de développer des initiatives permettant notre survie, ainsi confrontée à l’imminente fin de la domination de l’espèce humaine sur terre.

Le film débute avec une cartographie de la ville de Saint-Denis à travers des navigations filmées de Google Maps. On y retrouve la villa Coignet rue Saint-Michel. Datant de 1853, il s'agit du premier bâtiment de France construit en béton aggloméré, faisant office de monument historique en lente dégradation de l’industrialisation moderne. Le béton qui compose le bâtiment peut être perçu comme «poudre universelle» sans limites, pouvant emprunter n’importe quelle forme, structure et idéologie. L’industrie Saria, désormais propriétaire du site où le bâtiment produisait jadis de la colle et de la gélatine, produit un autre «aliment universel», soit de la farine animale servant à nourrir le bétail. Celle-ci consiste en une matière désincarnée qui permet de remplir de manière la plus efficace son utilité. De plus, les réalisateurs notent la présence d’entrepôts automatisés et robotisés, permettant le stockage d’objets voués à la consommation, mais aussi de «Data Centers», agissant ainsi en tant que hangars de données informatiques. En contrepartie, le pasteur de l’Église évangélique Amour et Vérité prédit une fin du monde causée par la quête du progrès, et la possibilité d’une rédemption pour ceux qui croient en Dieu. Poudres de béton et de données, poudres alimentaires et spirituelles cohabitent en ces lieux en tant que différentes formes de dissémination valorisant l’ensemble au profit du particulier. 

C’est dans une architecture faite de faux rochers, plusieurs pieds sous le niveau du sol, que les activités du LOPH auront lieu dans ce quartier. Divers projets utopiques sont testés par ses chercheurs, tous basés sur l’inévitable retour à l’animalité engendré par le climat de pauvreté généralisée qui attend le monde dans quelques années. Comment développer des technologies qui pourront survivre, paradoxalement, à la quasi-destruction des infrastructures technologiques? Comment développer des outils technologiques qui permettent de reconnecter l’humain à son environnement, même d’augmenter les capacités du corps humain? Comparativement à l’Université de la Singularité, fondée en 2008 et soutenue financièrement par la NASA, Google, Nokia, Autodesk et Linkedin, qui tente de développer un futur posthumain positif, LOPH délocalise les questionnements généralement réservés à la Silicon Valley et prône, en opposition, le terrorisme envers la technologie et la nécessité de se déconnecter du réseau. 

Nicolas Maisonneuve, chercheur pour le laboratoire LOPH, se questionne en ces mots: «Si dans un monde qui évolue de plus en plus vite, notre capacité à s’adapter est limitée dans ce monde comparativement à celui de la machine, dans mon laboratoire, ce que je cherche avant tout c’est de savoir si on peut évoluer de manière beaucoup plus rapide à travers un ensemble de recherches basé sur des problèmes de diversités culturelles et des problèmes aussi de réduction des sens qui, mélangés, pourront amener une meilleure durabilité et stabilité de la vie humaine.» L'humain étant dépassé par l’évolution constante et accélérée du savoir, ce pseudo-chercheur propose, en ce sens, la réduction, et même la disparition, de l’intelligence à haut niveau, au profit d’une réactivité plus rapide et moins complexe du cerveau.

Le narrateur affirme en conclusion que «la société est une poudre qui se configure provisoirement dans la configuration désirée. Puis, que ce soit sous l’effet d’un choc chimique, que ce soit un mouvement de pensée, une nouvelle technologie ou un changement climatique, se recompose instantanément pour composer une autre structure.» Le quartier Saint-Denis est ainsi le lieu de l'émiettement du tissu social au profit de l'optimisation et de l'autonomisation du régime de production capitaliste. 

  • 1. Ceux-ci furent présentés autour de la gare de Saint-Denis, au centre d'art Synesthésie du 20 mai au 16 juillet 2011 à Saint-Denis lors de l'exposition LMQTP ainsi qu'au Musée des arts et métiers le 23 juin 2011 lors de Utopia Forum.
Précédent Pause Suivant Media(s): Cyborgs in the Mist/Cyborgs dans la brume, Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon, Image 1Pour citer: Cyborgs in the Mist / Cyborgs dans la brumeImage de couverture: Cyborgs in the Mist/Cyborgs dans la brume, Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon, Image 1Langue(s) de l'oeuvre: FrançaisAnglaisCrédits: 

Réalisation, Scénario, Montage
Gwenola Wagon et Stéphane Degoutin

Avec la voix de
Stéphane Piveteau

Chef opérateur
Marianne Tardieu

Programmation
Nicolas Maisonneuve

Avec
Pasteur Lionel Charles
Laetitia Giorgino
Nicolas Maisonneuve
Nathalie Matter
François Muzard
Pasteur Philippe Ndjoli
Michael Wiss
The Singularity University
Saria Industrie

Musique
Extrait de "Feuillets d'Hypnos" composé par Patrick Fradet
interprété par l'Orkestronica:
Patrick Fradet (composition/dir./Laptop),
Sandra Toumson, Marine Gestin (voix/FX),
Sandra Ellama (flûte/piccolo),Bérénice Riollet (flûtes), Nelly Meunier (clarinette), Philippe Razol (Ewi/sax. Sop./FX), Florence Kraus (sax. alto), Arnaud Franceschini (sax. ténor), Geoffroy Wagon (trombone),
Daniel Palomo (Laptop/Ewi/sax. baryton), Nicolas Robache (Laptop/clavier),Grégoire Terrier (Laptop/Objet), Robin Gallet (guitare/FX),Cyril Roger (basse/Laptop),Bruno Veron (batterie), Jérome Tranche (metteur en son)

Avec la participation de
Dora Stanczel

Production
Synesthésie
Résidence du Conseil Général du 93, 2010-2011

Date de dernière consultation de l'oeuvre: Mercredi, Août 23, 2017

Le film fait aussi parti de l'exposition en ligne Uchronia | What if? commissariée par le Laboratoire NT2 et est présentée dans l'HyperPavillon (commissariat de Philippe Riss-Schmidt, produit par Fabulous Inc.) durant la 57e édition de la Biennale de Venise.

Oeuvres connexes:  Institute for Southern Contemporary Art (ISCA) Auteur·e·s: Marsolais-Ricard, CharlesArtiste·s: Enxuto, João et Love, Erica Média: Internet var switchTo5x = true;stLight.options({"publisher":"dr-f09278b0-e59c-759d-1b71-ac8cca7c73d8"}); Publication Type(s): tirage photographiqueinstallation in situsite webCreator(s):  Rôle: artisteCreator(s): Degoutin, Stéphane Rôle: artisteCreator(s): Wagon, Gwenola Procedural Modality(ies): activation - désactivationobservationsélectionFormat(s): vidéoaudioMechanism(s): écranhaut-parleurs

Uchronia | What if?

Laboratoire NT2 - Mon, 2017-10-16 13:11
16 Octobre 2017

Le Laboratoire NT2 est fier de présenter la version augmentée de son exposition en ligne Uchronia | What if? issue de son partenariat avec l’HyperPavilion.

The Internet Express, Jonas Hund, Image 2

Laboratoire NT2 - Wed, 2017-10-11 12:29
Image: Description: 

Capture d'écran du jeu vidéo en ligne The Internet Express (2017) créé par Jonas Lund. 

The Internet Express, Jonas Lund, Image 1

Laboratoire NT2 - Wed, 2017-10-11 12:23
Image: Description: 

Capture d'écran du jeu en ligne The Internet Express (2017) créé par Jonas Lund. 

WORLD BRAIN

Laboratoire NT2 - Tue, 2017-10-03 18:57
Degoutin, StéphaneWagon, GwenolaWORLD BRAIN
 

Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon, 2015.

Installation video, film, 75', color.
worldbrain.arte.tv

Folklore

World Brain propose une excursion à travers différentes formes de folklore : data centers, magnétisme animal, l’internet comme un mythe, la vie intérieure des rats, comment réunir un réseau de chercheurs dans la forêt, comment survivre avec Wikipédia, comment connecter les chatons et les pierres…
Le monde où nous vivons évoque une Fiction de Borgès. D’ailleurs, si quelqu’un voulait écrire une suite à Fictions, il n’aurait qu’à mettre bout à bout des coupures de presse.
World Brain est constituée en grande partie de matériaux trouvés : vidéos téléchargées sur Youtube, images, compte rendus scientifiques ou pseudo scientifiques, fils de nouvelles…

L’utopie de la connexion universelle entraîne l’humanité dans un projet pharaonique : la construction d’un espace mondial spécifiquement conçu pour le confort des données: centaines de milliers de data centers, interconnectés par des câbles sous-marins ou souterrains. World Brain de Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon (sortie prévue en janvier 2015 sur arte.tv) entraîne le spectateur dans cette machine prométhéenne dans laquelle beaucoup croient voir émerger un cerveau mondial dont nous ne serions que les neurones. Le film suit également un réseau de chercheurs nomades, qui fuient leurs laboratoires pour mener des expériences de connexions alternatives dans différentes forêts du monde.

À la manière du Whole Earth Catalog de Stewart Brand, il rend ces ressources accessibles en ligne. À la fois carte interactive, film et livre, l’interface de World Brain donne accès à une série de films courts, à des textes, à différents médias et à des liens vers d’autres sites. La forme de la carte permet d’organiser des contenus précis, complets et hiérarchisés, regroupés autour de trois approches:

L’architecture du réseau mondial

World Brain propose une plongée connectée à l’intérieur des lieux physiques par lesquels transite le réseau internet: câbles sous-marins, data centers, satellites. Le spectateur voit le monde comme s’il était une information, traversant la planète de manière quasi instantanée, recopiée à l’infini, ou au contraire stockée dans des lieux maintenus secrets. Le film suit les ramifications du réseau mondial, en montrant l’infrastructure matérielle des réseaux des data centers et des câbles sous marins.

Utopies du cerveau mondial

À cette exploration se superpose une enquête sur les utopies et les idéologies liées à l’émergence d’une intelligence collective et à l’hypothèse d’un cerveau mondial qui connecte tous les individus de manière irrémédiable: l’utopie réalisée de l’universalisme sans échappatoire, l’individu emprisonné dans le global

D’autres futurs pour l’humanitéconnectée

Le film montre les pérégrinations d’un réseau de chercheurs nomades, qui se réunissent loin des réseaux, dans les forêts de la planète. Ces chercheurs ont pour objectif de lutter contre l’obsolescence programmée de l’homme, entretenue par le World Brain. Ils veulent transformer le monde et imaginent différents scénarios prototypes réalisables pour des modes de vie expérimentaux, à partir de la connexion généralisée des individus entre eux.

L’humanité connectée

World Brain dresse une brève histoire du fantasme de l’échange d’informations entre cerveaux. L’idée émerge bien avant Internet: galvanisme, magnétisme animal, fluide, mesmérisme, éther, cinquième élément, spiritualisme, télégraphe spirite… Puis elle devient réelle dans le sémaphore de Chappe, le télégraphe de Morse, le téléphone, la cybernétique, et la lente création d’Internet.

L’idée de cerveau mondial est passée de la spéculation intellectuelle à la réalité quotidienne. L’utopie a basculé brusquement du fantasme au réel. Les êtres humains, tous reliés entre eux par l’intérieur, forment un superorganisme. L’humanité a commencé la fabrication d’un cerveau mondial, qu’elle construit laborieusement, synapse par synapse. Plusieurs auteurs ont imaginé une conscience collective, qui émergerait de la connexion universelle des pensées, notamment Ernest Renan (L’Avenir de la science, 1848), Joseph Dejacque (L’Humanisphère, 1899), Pierre Teilhard de Chardin (Le Phénomène humain, 1955), ou encore Howard Bloom (Global Brain, 2001). Cette théorie imagine l’espèce humaine unifiée. Elle conduit souvent à une vision mystique ou prophétique, parfois reliée à l’idée de biosphère et à l’hypothèse Gaia.

World Brain Project / Whole Earth Catalogue

Édité de 1968 à 1972, le Whole Earth Catalog regroupait des livres, des articles et des outils pour comprendre le monde. Le projet avait pour premier public les membres des communautés utopiques de l’époque. Il proposait un moyen de se repérer dans les systèmes et des solutions pour des modes de vie alternatifs. Il détournait la structure du catalogue de vente par correspondance pour promettre à ses lecteurs “l’accès aux outils et aux idées” (“access to tools and ideas”).

Une production de Irrévérence Films.

Réalisateurs: Stéphane Degoutin and Gwenola Wagon
Scenario: Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon
Montage: Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon
Directrice de la photographie: Marianne Tardieu
Ingénieur son : Sébastien Cabour, Damien Tronchot 
Mixage : Christian Cartier 
Maquette : Martin Gautron 
Set design: Olivier Peyricot and Julien Imbert
Costume design: Stéphane Degoutin and Maria Delamare
Graphic design: Joffrey Dieumegard and Rebecca Hargreaves
Web design: Olivier Riquet and Guillaume Libersat
Voice-over: Stéphane Piveteau
Main actors: Philippe Durand, Catherine Hargreaves, Selma
Fortin and Julien Imbert

Co-Production et diffusion : 
Arte CréativePicatovo, avec le soutien du CNC et du Fresnoy.

 


 

 

Video installation and film, 75', color.
worldbrain.arte.tv 

Folklore

World Brain proposes a stroll through motley folkloric tales : data centers, animal magnetism, the Internet as a myth, the inner lives of rats, how to gather a network of researchers in the forest, how to survive in the wild using Wikipedia, how to connect cats and stones… 
The world we live in often resembles a Borgesian story. Indeed, if one wanted to write a sequel to Borges’ Fictions, he could do it simply by putting together press articles. 
The World Brain is made out mostly of found materials : videos downloaded on Youtube, images, scientific or pseudo scientific reports, news feeds…

The project describes the planetary network surrounding us and offers theoretical tools to interpret it. It considers the perverse effects of the universal connection, and the risk for the individuals to become numb, under the reign of collective intelligence. Its goal is to build an alternative project for the survival of mankind.








Like Stewart Brand's Whole Earth Catalog, it makes these resources accesible, on an online interface. It is at the same time an interactive map, a film and an installation. It gives access to a series of short films, texts, different medias and links to other websites. The project mixes three angles: 



Architecture of The Global Brain

World Brain takes the viewer through a journey inside the physical places by which the Internet transits: submarine cables, data centers, satellites. The film adopts the point of view of the data. The audience view the world as if they were information, crossing the planet in an instant, copied in an infinite number of instances or, at the contrary, stored in secret places.
 

Utopian visions of the world brain

Parallel to this exploration is an enquiry on the utopias and the
ideologies linked to the emergence of a collective mind and the hypothesis of a global brain. The film presents the voices of historians, inventors, science fiction writers, neuroscientists…
Engineers explain how the technological devices opperate,
while philosophers speculate on the meaning and the interpretation of these devices.


Other futures for the connected mankind

The film shows the peregrinations of a network of nomadic researchers who meet away from the traditional research networks, in the forests of the world. They aim to struggle against the planned obsolescence of mankind. They want to change the world and imagine different prototype scenarios for exeprimental ways of living, taking into account the interconnection of
human beings.


Connected mankind

The World Brain offers a short story of the idea of the communication between brains. The idea emerges long before the Internet: galvanism, animal magnetism, mesmerism, universal fluid, ether, fifth element, spirit telegraph… It starts to become real with Chappe's semaphor, Morse's telegraph, the telephone, cybernetics and the invention of the Internet. 

The idea of a global brain used to be an intellectual speculation. It has suddenly become an everyday reality. All human beings, interconnected from the inside, form a superorganism. Mankind builds a global brain, synapse after synapse. Many writers have imagined a collective consciousness that would emerge from
the universal connection of minds. They usually see the human race being unified, in a holistic and often mystical perspective,
sometimes linked to the concept of biosphere or to the Gaia hypothesis. The utopia becomes real. The limits of the individuals begin to blur. Data travel through the whole planet. They run
through a network of fiber optic cables, whether subterranean or submarine. They are stored in a network of data centers.




World Brain Project / Whole Earth Catalog

From 1968 to 1972, the Whole Earth Catalog gathered books, objects and tools aimed at understanding the world and creating alternative societies. Its primary public were the hippie communes. It used the codes of a mail order catalog to provide its readers with a direct «access to tools and ideas». 
The World Brain Hypothesis it also aims at becoming a resource base for alternative ways of living in the context of the universally networked society. 


Production : Irrévérence Films.

Directors: Stéphane Degoutin and Gwenola Wagon
Scenario: Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon
Editing: Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon
Director of photography: Marianne Tardieu
Sound recording : Sébastien Cabour, Damien Tronchot
Audio mixing : Christian Cartier
Models : Martin Gautron 
Set design: Olivier Peyricot and Julien Imbert
Costume design: Stéphane Degoutin and Maria Delamare
Graphic design: Joffrey Dieumegard and Rebecca Hargreaves
Web design: Olivier Riquet and Guillaume Libersat
Voice-over: Stéphane Piveteau
Main actors: Philippe Durand, Catherine Hargreaves, Selma
Fortin and Julien Imbert

Co-Production and diffusion: 
Arte CréativePicatovoCNC support and Fresnoy.

 

La Magie du plastique et Archives Web - Journées de la culture à LA CHAMBRE BLANCHE

Laboratoire NT2 - Tue, 2017-09-26 16:50
30 Septembre 2017 - 01 Octobre 2017

LA CHAMBRE BLANCHE est heureuse d’ouvrir ses portes pour Les Journées de la culture le 30 septembre et le 1er octobre 2017 de 13h à 17h.

Hexa Sonde I: La réalité redéployée

Laboratoire NT2 - Tue, 2017-09-26 16:34
26 Septembre 2017

Le numéro de septembre 2017 de la revue en ligne Archée traite du travail d'André Éric Létourneau, Cynthia Noury, Sandeep Bhagwati, Jason Lewis et Gisèle Trudel.

Atelier d’écriture collaborative dans le cadre des 21e Journées de la culture

Laboratoire NT2 - Tue, 2017-09-26 16:06
30 Septembre 2017

#Atelier1903 - Rendez-vous sur Twitter de 13h à 15h le 30 septembre 2017.

Institute for Southern Contemporary Art (ISCA)

Laboratoire NT2 - Sun, 2017-09-24 17:35
Auteur·e·s:  Marsolais-Ricard, Charles

Institute for Southern Contemporary Art (ISCA) est un projet fondé en 2016 par le duo d’artistes João Enxuto et Erica Love ayant pour objectif la maximisation des profits de l’art contemporain du sud des États-Unis. Par la création d’un algorithme, ISCA analyse le marché de l’art afin de générer un plan de production détaillé pour l’art du sud afin qu’il intègre avec succès les fluctuations du marché, car l’art, selon Enxuto et Love, est produit en tant que commodité et ne le devient pas seulement lorsque vendu1. Bien que prospectif, le projet ISCA propose un modèle économique et créatif pour l'art contemporain aux possibilités concrètes. De ce fait, de nombreux services permettant l'analyse algorithmique de données liées au marché de l'art, dont ArtRank et Art Advisor, acquis en 2017 par Artsy, sont développés pour la vente d'art. Le duo d'artistes propose de renverser cette position de pouvoir, en usant des données quantitatives dès le moment de production de l'oeuvre. 

La vidéo associée au projet, qui se situe entre le matériel promotionnel et le manifeste d'art, amalgame des plans aériens semblant avoir été capturés à l'aide d'un drone et d'une voix narrative neutre qui décrit les objectifs de l'Institut. Enxuto et Love prédisent d'entrée de jeu la délocalisation de Miami en tant que centre de l'art contemporain du sud des États-Unis, dû à la montée du niveau des mers, vers Atlanta, ville où le financement corporatif a déjà fait son entrée dans le système d'éducation comme le démontre l'université Savannah College of Art and Design, structurée sous le modèle de l'entreprise et collaborant avec de grandes entreprises privées (Coca-Cola, Google, Fox Sports, Disney Corporation et autres) comme le démontre le programme du Collaborative Learning Center. Cette constatation est le point de départ d'une réflexion sur une possible structuration de l'art basée sur sa potentialité financière. Complétant le parti pris technologique développé par les narrateurs, des plans du paysage urbain de Miami et d'Atlanta, de serveurs informatiques et des infrastructures d'ISCA se succèdent dans la vidéoPeu sinon aucune figure humaine n'habite ces lieux; les studios d'artistes de l'Institut sont vides.

L'ISCA s’inscrit sous l'égide de la Contemporary.InstituteSelon ses fondateurs, Enxuto et Love, les objectifs de celle-ci consistent à souligner les efforts individuels et collectifs permettant une meilleure équité politique et une plus grande autonomie matérielle de la création, en plus de valoriser de nouvelles stratégies artistiques afin d’entrer en dialogue avec les structures économiques, légales et techno-institutionnelles qui forment le champ des arts2. Plusieurs projets écrits sont regroupés sous cette initiative, dont l'entrevue See Some Art While You Can—Google Will Eventually Replace Museums (2013) qui aborde leur projet Anonymous Painting. Ce dernier part de la constatation que les oeuvres d'art présentent dans les visites muséales virtuelles du Google Art Project qui ne sont pas la propriété des institutions, mais seulement en location, sont brouillées. Enxuto et Love ont pris des captures d'écran de ses oeuvres, les ont imprimées et exposées dans un espace de galerie réel. À l'image des projets théoriques de la Contemporary.Institute, l'ISCA propose certes la création d'une institution pronant une filiation intensive entre création et technologie qui part d'une analyse de l'état de cette situation, mais aussi l'élaboration du ISCA Module, au format idéal pour le transport par conteneur, et permettant aux artistes d'exposer leur art de manière mobile et spontanée. 

Selon Enxuto et Love, même si l'algorithme d'ISCA dirige la création artistique en favorisant la meilleure rentabilité possible, la technologie doit demeurer au service des artistes, et non l'inverse, afin de ne pas déshumaniser leur travail artistique: «(...) like any other creative expression, algorithmic art requires interpretation – a human touch. Authorship and individuality are key factors for quantifying artistic value.» (Enxuto et Love, 2016, p. 174) Bien que l'Institute for Southern Contemporary Art semble au premier abord une initiative démesurée et irréalisable, elle agit aussi en tant qu'outil d'émancipation pour les artistes, afin que ceux-ci infiltrent la posture de l'entrepreneur et se réapproprient les outils technologiques déjà valorisés par le marché de l'art. 

  • 1. Selon les propos de ses fondateurs sur le site de l'oeuvre, «the ISCA algorithm analyzes and models art markets to generate a detailed production plan for Southern art that can successfully enter the market flow. ISCA proceeds with the understanding that art is produced as a commodity, it doesn’t become one when it it sold.»
  • 2. Sur le site de la Contemporary.Institute, on peut y lire: «Our goal with Contemporary.Institute is, firstly, to highlight individual and collective efforts to formulate paths to greater political equity and increased creative autonomy in material terms – not simply through symbolic gestures. Secondly, we want to make the case for practices that are willing to risk abandoning conventional artistic strategies to creatively experiment with the economic, legal, and techno-institutional structures that frame the art field and beyond.»
Biblio: Enxuto, João et Erica Love. 2016. Institute for Southern Contemporary Art (2016).Enxuto, João et Erica Love. 2016. The Institute for Southern Contemporary Art (ISCA).Enxuto, João et Erica Love. 2016. Contemporary.Institute.Extraits Articles: 

The Institute for Southern Contemporary Art (ISCA) was founded in 2016 to advance a meaningful alternative to the problem of contemporary art production and its political economy. While technology is intensifying the soft power of speculation, reputation, and the hype of networks, recent changes in technical infrastructure have done very little to shake the narrowly-defined and limited objectives of contemporary art. Technological change alone hasn’t curtailed an art field defined by individualism and competition, despite counter-claims made by progressive artists and collectives. Following a long-century of escapist fantasies projected as utopian horizons, there is little to offer up as a functional alternative to an art market spiralling toward ever more comprehensive financialization. At a time when disdain for contemporary art is proliferating, undoing this system accelerating toward stagnation cannot be left to the ‘inevitable’ unravelling of its internal contradictions. ISCA offers another option by rerouting capital from the contemporary art market to fund a path to working otherwise, culminating in a think-tank and independent program to promote new terms for art production.

Contemporary art is a multi-billion-dollar unregulated market with unclear criteria waiting to be harnessed – and specialized algorithms are the instrument for doing the job. ISCA works to the rubric that art is produced as a commodity; it doesn’t become one when it is sold. Our institutional model unfolds as a multi-phase project that will, in the first instance, generate a detailed production plan for contemporary art calculated to yield the highest possible market revenue. This gambit will rely on recent advances in machine learning to analyse and model the global art market. Informal networks merely outline power that is crystallized in the price one is willing to pay for an art object. Market data has become a primary driver in shaping matters of taste. And since taste can be fickle, it is high time to let software take command.

The analysis of art market metadata has proved beneficial primarily for collectors, many of whom do very little besides await returns from the derivatives market. Paywall platforms like ArtRank and Art Advisor offer predictive data as a service to collectors. Meanwhile artists continue to intuit what is otherwise disclosable as quanta. Like many of us, artists deal in specialized knowledge, working in a foggy field of indeterminacy where authentication becomes the primary task – leading many to follow historical determination and act as mediums, sages, priests, and so on. By running a (Bourdieusian) social distinction model on a computational system, the reality of art markets is augmented to a model of reality. In accordance, the ISCA algorithm encodes a chain of inferences made by contemporary art experts, financial analysts, and critical theorists. But in the end there is no better predictor of taste than the habits of anointed tastemakers.

As contemporary art markets become increasingly gamified, the more adept the ISCA algorithm becomes in modelling detailed production plans for art that can successfully enter the market flow. In its second phase, ISCA will deploy a production plan for contemporary art products to be sold under the ISCA imprimatur. But like any other creative expression, algorithmic art requires interpretation – a human touch. Authorship and individuality are key factors for quantifying artistic value. Collectors expect it. So, just about all ISCA production will be outsourced. A crowd-working system will hire technicians marked by the highest reputational rankings: painters, welders, but also coders and 3D designers. Luckily there is a large labor pool to draw from. Most art schools have turned vocational.

Contemporary art is not only an alternative currency but the currency to drive an alternative. Once ISCA has gathered adequate symbolic capital from a reputation garnered through its disruptive institutional model, it will transition-up to the role of gatekeeper, setting a premium on in-house contemporary art products. Revenue from these activities will bootstrap the third and culminating phase of ISCA’s institutional plan: a think-tank and space for the production of knowledge that can eclipse the inherited stasis of contemporary art. ISCA is a cybernetic system, which will train the heart and the mind. The goal of automating contemporary art is to ultimately become emancipated from it.

- João Enxuto et Erica Love, «The Institute for Southern Contemporary Art (ISCA)», Finance and Society, 2016, vol. 2, no 2, p. 173-74.

Précédent Pause Suivant Media(s): Institute for Southern Contemporary Art (ISCA), João Enxuto et Erica Love, Image 1Institute for Southern Contemporary Art (ISCA), João Enxuto et Erica Love, Image 2Institute for Southern Contemporary Art (ISCA), João Enxuto et Erica Love, Image 4Pour citer: Institute for Southern Contemporary Art (ISCA)Image de couverture: Institute for Southern Contemporary Art (ISCA), João Enxuto et Erica Love, Image 1Langue(s) de l'oeuvre: AnglaisURL du site d'hébergement: http://theoriginalcopy.netCrédits: 

Institute for Southern Contemporary Art (ISCA), 2016, Video, 16 minutes. Narration: Celia Quillian and David Birkin, Miami Drone Camera: Experience Above, Atlanta Drone Camera: Sky Drone Cinema, Art Studios Camera: Micah Stansell, Musical Composition: Joe Hadden, Graphic Design: Bryan Perry, Animation: Micah Hesse, Architectural Modeling: Leslie Dougrou, Art Advisor graphic provided by Hugo Liu, Additional Research Assistance: John Wright and Chera Baugh (Atlanta Central Public Library), Aaron Putt, Michael White, and Cynthia Farnell (Georgia State University), Support Provided by: Ernest G. Welch Fund at Georgia State University, Art Center/South Florida, and the New Museum, New York. Written, directed, and edited by João Enxuto and Erica Love

Date de dernière consultation de l'oeuvre: Jeudi, Juillet 20, 2017

La vidéo associée au projet Institute for Southern Contemporary Art (ISCA) fait partie de l'exposition en ligne Uchronia | What if? commissariée par le Laboratoire NT2 et est présentée dans l'HyperPavillon (commissariat de Philippe Riss-Schmidt, produit par Fabulous Inc.) durant la 57e édition de la Biennale de Venise.

Oeuvres connexes: Publication Type(s): site webCreator(s):  Rôle: artisteCreator(s): Enxuto, João et Love, Erica Procedural Modality(ies): navigationnavigation hypertextuellenavigation graphiqueobservationsélectionFormat(s): audioimagetextevidéoMechanism(s): affichageécranhaut-parleursmanette

Studio XX - Programmation d'automne 2017

Laboratoire NT2 - Tue, 2017-09-19 13:50
11 Septembre 2017 - 11 Novembre 2017

Un récapitulatif des événements, expositions et ateliers pour l’automne à Studio XX autour du thème Délocalisations.

Programmation de NON-COMPLIANT FUTURES

Laboratoire NT2 - Tue, 2017-09-19 12:39
27 Septembre 2017 - 01 Octobre 2017

La programmation complète de la 9e édition de Sight + Sound, NON-COMPLIANT FUTURES, commissariée par DISNOVATION.ORG.

Formation WordPress avec Sylvain Aubé et Robin Varenas

Laboratoire NT2 - Tue, 2017-09-12 16:16
03 Octobre 2017

Sylvain Aubé et Robin Varenas, chargés de projet au Laboratoire NT2, offrent une formation sur la plateforme WordPress en partenariat avec le service de Formation continue de l'UQAM.

Institute for Southern Contemporary Art (2016)

Laboratoire NT2 - Tue, 2017-09-12 15:34
Enxuto, João et Love, Erica

The Institute for Southern Contemporary Art (ISCA) was founded in 2016 by João Enxuto and Erica Love to develop an algorithm that potentiates the highest possible revenue from the sale of contemporary art in the American South or anywhere else considered to be South. The ISCA algorithm analyzes and models art markets to generate a detailed production plan for Southern art that can successfully enter the market flow. ISCA proceeds with the understanding that art is produced as a commodity, it doesn’t become one when it is sold. Revenue from ISCA art products will be used to fund a research institute dedicated to advancing critical art practices that can promote new terms for art production.

Featured on Rhizome and the New Museum's First Look with a text by Lauren Cornell

“Institute for Southern Contemporary Art (ISCA)" Finance and Society, co-edited by Suhail Malik and Gerald Nestler

Institute for Southern Contemporary Art (ISCA), 2016, Video, 16 minutes. Narration: Celia Quillian and David Birkin, Miami Drone Camera: Experience Above, Atlanta Drone Camera: Sky Drone Cinema, Art Studios Camera: Micah Stansell, Musical Composition: Joe Hadden, Graphic Design: Bryan Perry, Animation: Micah Hesse, Architectural Modeling: Leslie Dougrou, Art Advisor graphic provided by Hugo Liu, Additional Research Assistance: John Wright and Chera Baugh (Atlanta Central Public Library), Aaron Putt, Michael White, and Cynthia Farnell (Georgia State University), Support Provided by: Ernest G. Welch Fund at Georgia State University, Art Center/South Florida, and the New Museum, New York. Written, directed, and edited by João Enxuto and Erica Love

ISCA will be a part of Authenticity? IMPAKT Festival in Utrecht, a SECAC panel on Cybernetics, and Hidden Assembly at PNCA in Portland, Oregon. For more details please visit the Contemporary.Institute events page.

Uchronia|What if?

Laboratoire NT2 - Fri, 2017-09-08 16:28
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L'équipe du Laboratoire NT2 a été invitée par le commissaire Philippe Riss-Schmidt à participer à son pavillon thématique intitulé HyperPavilion présenté lors de la 57e édition de la Biennale d'art contemporain de Venise. L'HyperPavilion est une exposition de groupe à grand déploiement portant sur l'art après l'arrivée du numérique qui explore de nouvelles manières d'exposer ces types de pratiques. Fidèle à son dévouement pour l'art hypermédiatique, le Laboratoire NT2 a répondu à l'appel en proposant une exposition en ligne mettant en valeur des artistes travaillant avec le web. Intitulée Uchronia|What if?, l'exposition se développe autour du concept d'uchronie et s'interroge sur notre rapport au temps - que ce soit dans le sens d'une réécriture de l'histoire, d'une projection vers l'avenir ou d'un hors-temps - permettant de réfléchir par le fait même à notre présent. Le premier volet lancé en mai 2017 pour l'ouverture de la Biennale est disponible sur le site uchronia.org ainsi qu'au sein même de l'HyperPavilion. Il rassemble le travail de cinq artistes (Skawennati, Pippin Barr, Scott Rettberg et Roderick Coover, Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon, João Enxuto et Erica Love) sous le thème Speculative Future(s). Leurs oeuvres offrent des versions alternatives du monde et de l'histoire; elles revisitent le passé ou se projettent vers un futur imaginé afin d'explorer des voies possibles pour le présent. 

Un second volet d'Uchronia|What if?, regroupant davantage d'artistes, est à prévoir pour la fin septembre. Cette deuxième exposition en ligne présentera les oeuvres selon trois volets thématiques (Speculative Future(s), Dystopian Internet et Time Play) et renverra directement à leurs sites web respectifs.

 

Langue Indéfini Adresse URL: http://uchronia.org/Chercheur(s) principal(aux) rattaché(s) au NT2: Gervais, BertrandLalonde, JoanneCortopassi, Gina Tronca, LisaVarenas, RobinAubé, Sylvain Date de mise en ligne: Mai, 2017Groupe de recherche: Laboratoire NT2

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