Colloque

Introduction: Idiots, figures et personnages liminaires

Jeudi 28 Octobre 2010

L’idios grec désigne le citoyen ordinaire (celui qui n’est pas un homme public, un magistrat). Il est le sujet particulier, singulier. L’idiotus latin, quant à lui, est un homme sans instruction, ignorant. Derrière lui, le sot se cache.

L’idiot est une figure plurielle et elle doit être saisie dans l’ensemble de ses actualisations historiques et culturelles. Chaque culture, nous expliquent Mauron et de Ribaupierre, «investit l’idiotie à sa manière comme ce qui lui est étranger. Si bien qu’une culture ne se révèle jamais mieux que dans la conception et l’image qu’elle se fait de l’idiot.» (Les Figures de l’idiot, Editions Léo Scheer, 2004, p.13)

L’idiot, c’est l’autre; c’est peut-être surtout l’étrangement, le drôlement… proche. Si la culture se révèle dans ses représentations littéraires et artistiques, il y a un intérêt à reprendre ces questions en les ramenant à l’échelle précise des oeuvres et à étudier l’idiot comme personnage, dans ses rôles et ses fonctions, dans ses implications sur les lecteurs et les spectateurs, ainsi que sur les auteurs et les artistes.

L’idiot peut être considéré comme le premier exemple d’une typologie qui compte certaines figures d’homme/enfant sauvage, de vieille fille ou vieux garçon, de criminel, de saint, de prophète, d’illuminé et de poète. Ces figures constituent des personnages liminaires dont la fonction première est de servir de témoins dans le personnel des oeuvres, placés au degré ultime sur l’échelle du ratage initiatique. Leur ambivalence constitutive les met souvent dans une relation de proximité avec l’au delà ou l’en deçà de la culture (la mort, la folie, la sauvagerie, etc.) et les fait devenir des médiateurs ou des passeurs.

C’est à la pensée et à la construction de cette catégorie de personnages que le colloque est consacré.

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