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Dieu est mon copilote: La Bible, le Coran et le 11 septembre

Patrick Tillard
couverture
Article paru dans Essais, sous la responsabilité de Équipe LMP (2007)

Ouvrage référencé: St-Onge, Jean-Claude (2002), Dieu est mon copilote: La Bible, le Coran et le 11 septembre, Montréal, Les Éditions Écosociété, 178p.

Disponible sur demande (Fonds Lower Manhattan Project au Labo NT2)

Présentation de l’œuvre

Résumé de l’œuvre

Ce petit livre est un essai critique sur le concept de Dieu dans les trois grandes religions monothéistes en regard des attentats du 11 septembre 2001 et des accusations formulées à l’encontre des kamikazes et de l’extrémisme de leurs convictions religieuses. L’auteur place l’islam, le christianisme et le judaïsme sur le même plan avec force exemples où interviennent, de manière constante, l’étonnante distorsion entre un message salvateur et l’appel ou le rappel de comportements barbares encouragés par les textes ou les prophètes. Tirés de la Bible des chrétiens (Ancien et Nouveau Testament) et du Coran ou de l’actualité immédiate, ces exemples définissent le champ d’action du religieux et justifient la guerre, l’élimination des ennemis, l’humiliation des vaincus, l’inégalité femme/homme.Ce livre tente ainsi d’expliquer l’arrière-plan théologique des croyances radicales qui guident les guerres au nom des religions en invoquant une expansion de la Foi qui chevauche étroitement le châtiment des profanes et des incroyants.

L’histoire religieuse démontre aussi amplement, d’après l’auteur, que les concepteurs des attentats de New York, mais aussi les kamikazes du Moyen-Orient, s’appuient sur une longue tradition de dépréciation de la vie propre au fait même de la croyance quelle qu’elle soit en un au-delà paradisiaque. Les coutumes religieuses tendent en effet à imposer de manière souvent brutale l’unique réalité d’une religion autonome et soucieuse d’elle-même au détriment de ses concurrentes. Dans ce sens, les trois religions abordées dans leur culture d’origine induisent des comportements que l’on peut considérer, d’un point de vue éthique, inhumains, sans que, pour cela, ils s’opposent aux messages utopiques et symboliques d’universalité diffusés par les grands textes qui les structurent et les fondent. Les contenus doctrinaires des textes fondateurs formulent un domaine religieux qui n’exclut jamais le meurtre ou l’assassinat et qui régulièrement les justifie. Le renouveau religieux actuel s’appuie donc, sans véritable surprise, sur une véritable dimension guerrière, belliqueuse, avec des moyens nettement modernisés depuis la Bible ou le Coran…

Certains parallèles avec la situation socioreligieuse passée et présente du Québec pourront sembler excessifs pour un esprit comparatiste préoccupé d’exactitude. Toutefois, le contexte général de la guerre religieuse, ses principes fondamentaux et les schémas mentaux qui l’accompagnent sont posés et permettent à ceux qui veulent en savoir plus d’étudier plus à fond les notions abordées.

On pourrait résumer la thèse de l’auteur par cette formule: «Dieu n’est pas cru, il est utilisé.» (p. 162)

Précision sur la forme adoptée ou sur le genre

Essai.

Précision sur les modalités énonciatives de l’œuvre

Essai.

Modalités de présence du 11 septembre

La présence du 11 septembre est-elle générique ou particularisée?

Le 11 septembre sert de point d’orgue à des développements sur les domaines religieux contemporains et passés.

Les événements sont-ils présentés de façon explicite?

Les événements ne sont pas présentés de manière explicite.

L’attitude face aux événements: La problématique religieuse, loin d’être tournée vers la sollicitude et l’écoute ou vers la quête de l’absolu face à la totalité perdue, est détentrice et reproductrice d’idéologies à détermination hégémonique. Les religions, les trois grandes religions monothéistes traitées ici, sont coresponsables des attentats du 11 septembre parce qu’elles glorifient «l’interdiction de penser, le sentiment de vengeance, la dévalorisation de la vie terrestre» (p. 168).

Ni les moyens de transport, ni les médias ne sont représentés dans l’essai de manière significative.

Quels sont les liens entre les événements et les principaux protagonistes du récit (narrateur, personnage principal, etc.)?

Aucun personnage.

Aspects médiatiques de l’œuvre

Des sons sont-ils présents?

Aucun son.

Y a-t-il un travail iconique fait sur le texte? Des figures de texte?

Aucun travail iconique.

Autres aspects à intégrer

N/A

Le paratexte

Citer le résumé ou l’argumentaire présent sur la 4e de couverture ou sur le rabat

Depuis le 11 septembre 2001, des commentaires fusent de toutes parts à l’effet que la religion musulmane est fondamentalement violente et conquérante, et qu’elle mène nécessairement au terrorisme, contrairement au christianisme qui, lui, serait religion de paix et d’amour. Idn Warraq et Guy Hennebelle proclament que: «L’islam n’est pas une religion modérée: il suffit de lire le Coran, truffé de menaces et d’imprécations en tout genre pour s’en convaincre.» Dieu est mon copilote s’élève contre cette vision trop simpliste. Effectuant une relecture des Livres saints des trois grandes religions monothéistes (l’Ancien Testament, le Nouveau Testament et le Coran), l’auteur montre qu’aucun d’entre eux n’est plus ou moins violent que l’autre. Dans chacun de ces livres, des messages de paix et d’amour sont submergés par des appels au meurtre et à la vengeance. Ancrant sa thèse dans le contexte de la guerre sainte antiterroriste dans laquelle les États-Unis se sont engagés, l’auteur renvoie dos à dos le célèbre couple Bush-ben Laden qui, par-delà leurs différences, partagent une même vision dualiste et absurde de l’univers où tout est réglé en fonction de l’opposition entre «nous» le Bien, et «eux» le Mal. «Peut-on avoir un meilleur copilote?» que Dieu lui-même! Contrairement à ce que certains pourraient être tentés de croire, cette question n’a pas été posée par un kamikaze islamiste s’élançant avec ses otages sur les twin towers. Ce sont les paroles d’un pilote de l’armée de l’air américaine en pleine guerre du Kosovo! Professeur de philosophie, J.-Claude St-Onge est l’auteur de La condition humaine. Quelques conceptions de l’être humain (Gaëtan Morin, 2e éd.) et de L’imposture néolibérale. Marché, liberté et justice sociale (Éditions Écosociété). Intentions de l’auteur (sur le 11 septembre), si elles ont été émises Inconnues à ce jour (mai 2007) Citer la dédicace, s’il y a lieu À Francine-Cyprinelle Donner un aperçu de la réception critique présente sur le web

http://www.alliance-editeurs.org/catalogues/franco05/www.alliance-editeu… [La page n’est plus disponible.]

Impact de l’œuvre

Inconnu pour le moment (12/2006)

Pistes d’analyse

Évaluer la pertinence de l’œuvre en regard du processus de fictionnalisation et de mythification du 11 septembre

Ce livre québécois, écrit par un philosophe, est une vulgarisation critique pertinente, une argumentation polémique des textes fondateurs, du fait religieux. Il peut aider à comprendre les notions de divinité, de superstition et les principaux thèmes de l’histoire religieuse sur lesquels se fondent les croyances modernes. En ce sens, il s’attache à comprendre ce qui soutient les motivations des kamikazes du 11 septembre en montrant que même si ceux-ci étaient des militants islamiques, les religions chrétiennes et juives ne sont peut-être par épargnées par la sacralisation et la nécessité du meurtre à des fins messianiques (l’assassinat deYitzhak Rabin, premier ministre d’Israël en 1995, par un extrémiste juif corrobore cette conclusion).

Donner une citation marquante, s’il y a lieu

«Tout au long de l’histoire, plusieurs prophètes privilégient la collaboration avec l’adversaire, dont le prophète Jérémie proche du parti pro-babylonien. Leur attitude rappelle celle du clergé québécois qui prêchait la soumission au conquérant au détriment de la lutte pour l’indépendance sous prétexte que la fidélité à Dieu est ce qui importe.» (p. 30-31)

«Le besoin de transcendance semble profondément ancré dans nos cerveaux, mais rien ne m’incite à penser qu’il trouvera son objet dans les vapeurs fantasmagoriques du ciel et encore moins dans les allées de Wal-Mart.» (p. 165)

Noter tout autre information pertinente à l’œuvre

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Table des matières

  • Prologue
  • Chapitre premier
    • Toutes filles d’Abraham
    • Les textes fondateurs
    • Le berceau du monothéisme
    • Un sauveur nous est né
    • D’Abraham à Mahomet
  • Chapitre II
    • La chasuble et la Kalaschnikov faut que ça saigne
    • Un pays ruisselant de sang et de fiel: la guerre sainte
    • Apocalypse Now: le crucifix et le glaive
    • Du cuivre fondu pour les infidèles
    • Tant pis pour les victimes…il en faut
    • Le diable et le Bon Dieu
  • Chapitre III
    • La vie? Une maladie: l’attrait du néant
    • De l’inconvénient d’être né
    • Y a-t-il une vie avant la mort?
    • Mangez donc et buvez avec plaisir
    • La vie? Une maladie.
    • La religion? Un opium
    • Cherchez l’âme!
  • Chapitre IV
    • Le genre humain?
    • Un ver, une goutte d’eau de rose dans un bol de poison
    • J’effacerai l’homme de la surface du globe
    • Mea culpa, mea maxima culpa
    • L’être humain est l’image inversée de Dieu
    • Le Créateur s’incline devant sa création
    • Une brute sanguinaire?
  • Chapitre V
    • L’insoutenable dualisme de l’être
    • L’opposition du corps et de l’esprit: Platon et Paul, même combat
    • Les passions: une bête qui sommeille en nous
    • L’impossible dualisme
    • Délivrez-nous de ce boulet!
  • Chapitre VI
    • On les connaît, les oeuvres de la chair
    • De l’impureté de la chair aux caresses meilleures que du vin
    • Crucifiez la chair
    • La réappropriation du corps et de la sexualité
    • Du mépris au culte du corps
  • Chapitre VII
    • Et Dieu créa la femme: le deuxième sexe
    • Ton homme te dominera
    • L’homme est le chef de la femme
    • La prééminence des hommes
    • De l’inégalité naturelle des sexes?
  • Épilogue
  • Appendice
  • Bibliographie

Couverture du livre

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