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La guerre, le politique et le pédagogique, ou pourquoi la guerre devient un jeu d'enfant

(travail en cours)

La guerre semble être l'état naturel de l'homme, du moins c'est le stéréotype que l'histoire occidental nous a transmis. Il nous semble que ce mythe trouve un certain fondement dans la rationnalisation de la guerre en parallèle avec la rationnalisation de la démocratie. C'est pourquoi nous avons décidé de faire un tour d'horizon des historiens de la Grèce antique, afin de voir comment se met en place la première école de l'histoire, à savoir l'armée. L'extériorisation de la guerre, via la conjuration de la guerre civile qui représenterait l'état de nature de l'homme, se fera aussi par l'intériorisation de celle-ci via la règlementation de la guerre qui tend à lui donner un caractère ludique. L'aspect pédagogique viendrait alors du fait que la guerre se transmute en politique et ensuite en compétition pour les citoyens et futurs citoyens. Par contre, cela ne garantit pas que tous les nouveaux venus, les étrangers comme les enfants, s'intégrent au jeu ou en suivent les règles. 

"Tirer un coup" : De l'expression idiomatique à la logogenèse (Approche ethnocritique du film Full Metal Jacket)

(Première version achevée, en attente de corrections et d'ajouts) 

L'expression "tirer un coup" est chocante, moins par ce qu'elle désigne que par la façon qu'elle a de le nommer. Si le mot est plus troublant que la chose, c'est que le signifiant présente à la conscience un refoulé qu'elle ne veut pas entendre. En analysant cette expression interdite dans toute société civilisée, nous l'identifions comme révélatrice d'un état de marge propre au jeune homme. Cette expression qui structure inconsciemment notre rapport au monde est révélatrice des névroses que suscite l'idéal de virilité produit par notre civilisation. Le non-civilisé absolu est donc le produit de la civilisation. 

En reprenant la notion de "logogénèse" forgée par Jean-Marie Privat, nous montrerons que l'expression "tirer un coup" offre des motifs sémantiques et un univers symbolique culturellement réglé, qui serviront de base et de toile de fond au film de Stanley Kubrick Full Metal Jacket (1987). Ce film, qui met en scène les tentatives de passage de jeunes hommes à l'état d'homme, est composé de deux parties, de deux décors : le camp de formation, puis le Viêt-Nam ; la toile de fond commune, c'est moins la guerre que la langue. Nous ne posons pas la question Que dit le film sur la guerre ?, mais Que montre la guerre sur le "dire" ? 

Kubrick, loin d'illustrer ou de mettre en scènes l'expression "tirer un coup", interroge la matière même du langage, son tissu propre qui sert de matière première à la bobine de son film. Full Metal Jacket est, littéralement, une mise en pièces de la pulsion mortifère que dévoile l'expression, révélant au spectateur que le malaise dans la civilisation n'est pas un mal étranger à elle, mais tissé dans les mailles du langage qui la constitue. Ainsi pourrons-nous percevoir ce qui fait la spécificité de l'art, en quoi il se distingue des logiques d'adhésion pulsionnelle qui fondent le discours publicitaire ou les produits du show-buisness ; de là, nous pourrons penser le rôle que peut jouer l'art dans la civilisation. 

Vinson, Marie-Christine

Sur Jean Echenoz, «14»

L'extrait choisi -le début du roman- se termine par cette «Aures habet, et non audiet» («Ils ont des oreilles et n'entendent pas»), qui est une référence à la Bible et à «Quatrevingt-treize» de Victor Hugo. Si cette citation joue le rôle d'une prophétie, la lecture peut alors se pratiquer comme une sorte de mantique qui permet de retrouver le faisceau des intersignes, des signes annonciateurs d'un événement dramatique (la guerre, la mort, les morts), présents dans le texte.
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