linguistique

Conférence

Université du Québec à Montréal

Performing Bilingualism

Fletcher, Jerome
Cette conférence aborde les questions de la traduction de l'oeuvre hypermédiatique - de la langue et du code - ainsi que de la performance et son rôle dans la littérature hypermédiatique à partir de l'oeuvre «...Reusement» de Jerome Fletcher.

"Tirer un coup" : De l'expression idiomatique à la logogenèse (Approche ethnocritique du film Full Metal Jacket)

(Première version achevée, en attente de corrections et d'ajouts) 

L'expression "tirer un coup" est chocante, moins par ce qu'elle désigne que par la façon qu'elle a de le nommer. Si le mot est plus troublant que la chose, c'est que le signifiant présente à la conscience un refoulé qu'elle ne veut pas entendre. En analysant cette expression interdite dans toute société civilisée, nous l'identifions comme révélatrice d'un état de marge propre au jeune homme. Cette expression qui structure inconsciemment notre rapport au monde est révélatrice des névroses que suscite l'idéal de virilité produit par notre civilisation. Le non-civilisé absolu est donc le produit de la civilisation. 

En reprenant la notion de "logogénèse" forgée par Jean-Marie Privat, nous montrerons que l'expression "tirer un coup" offre des motifs sémantiques et un univers symbolique culturellement réglé, qui serviront de base et de toile de fond au film de Stanley Kubrick Full Metal Jacket (1987). Ce film, qui met en scène les tentatives de passage de jeunes hommes à l'état d'homme, est composé de deux parties, de deux décors : le camp de formation, puis le Viêt-Nam ; la toile de fond commune, c'est moins la guerre que la langue. Nous ne posons pas la question Que dit le film sur la guerre ?, mais Que montre la guerre sur le "dire" ? 

Kubrick, loin d'illustrer ou de mettre en scènes l'expression "tirer un coup", interroge la matière même du langage, son tissu propre qui sert de matière première à la bobine de son film. Full Metal Jacket est, littéralement, une mise en pièces de la pulsion mortifère que dévoile l'expression, révélant au spectateur que le malaise dans la civilisation n'est pas un mal étranger à elle, mais tissé dans les mailles du langage qui la constitue. Ainsi pourrons-nous percevoir ce qui fait la spécificité de l'art, en quoi il se distingue des logiques d'adhésion pulsionnelle qui fondent le discours publicitaire ou les produits du show-buisness ; de là, nous pourrons penser le rôle que peut jouer l'art dans la civilisation. 

Auteur inconnu. Année Inconnue. «Couverture Supposedly»
Coté-Fournier, Laurence

Combattre la «sorcière dans l’église»: David Foster Wallace devant le cliché

«How do trite things get to be trite? Why is the truth usually not just un- but anti-interesting?»  Don Gately, ex-toxicomane, se pose ces questions lors d’une des multiples scènes se déroulant chez les Alcooliques Anonymes (AA) qui parsèment le roman Infinite Jest, de David Foster Wallace. Les Alcooliques Anonymes, cette ultime voie de salut faite de clichés et de câlins, emploient pour rescaper ceux qui ont sombré au plus bas une variété de syntagmes éculés comme «Easy does it», «Turn it over», «One day at a time» ou «Fake it till you make it».

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