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L’éthique du corps: une mystique laïque dans «La mort propagande»

En 1977, un texte d’Hervé Guibert marque les esprits par l’obscénité qu’il met en scène. Les douze autoportraits qui composent La mort propagande se présentent, indépendants les uns des autres, comme les explorations des domaines du corps, de ses déjections, du sexe, de la violence et de la mort. Ils sont néanmoins ordonnés de façon à former le périple d’un «je» à travers ces épisodes, aboutissant à la mort physique. Entreprise de déconstruction du Moi? Volonté subversive, esprit de révolte ou de provocation puérile? Le lecteur peut y lire des attitudes et des objectifs divers. Un personnage se dessine pourtant à travers les segments et les expérimentations. Il s’agit d’un jeune homme d’une vingtaine d’années, H.G., dont les pratiques d’hygiène corporelle et de sexualité semblent ignorer les normes sociales, les tabous et les contraintes. Publié à l’époque où les sexualités «se libèrent», le texte se déploie sans allusion aucune à un ensemble de discours militants. Contrairement aux groupes qui n’hésitent pas à faire de la sexualité un fondement identitaire et qui réclament une plus grande place au sein de la société, le jeune homme H.G. occupe un espace marginal et y exerce ses pratiques dans un ordre de discours différent de celui privilégié par d’autres acteurs. À coup sûr, H.G. met son corps de l’avant. La façon dont le personnage se déploie pour parvenir à énoncer une vérité –à tout le moins la vérité de sa condition individuelle– retiendra notre attention. Notre propos général consiste en un rapprochement du texte de Guibert avec l’hagiographie classique telle que théorisée par Michel de Certeau. Nous cheminerons à travers différentes perspectives pour arriver à montrer que La mort propagande adopte une rhétorique et une poétique mystiques.

La Littératie dévirilisante (Approche ethnocritique des "Hypocrites" de Berthelot Brunet)

(En cours de correction)

 

Le seul roman de Berthelot Brunet, Les Hypocrites, publié en 1945, raconte la vie d'un personnage fictif, Philippe, de son enfance jusqu'à son mariage. Le récit raconte un double passage : le retour de Philippe à la foi catholique de ses pères, et son mariage avec une ancienne maîtresse. Nous partons de l'hypothèse de l'ethnocritique d'une homologie entre rite de passage et récit, pour montrer que le texte sape systématiquement le processus du rite par la mise en scène de la longue déchéance du personnage principal, se détruisant par l'alcool, la drogue, ... et la littérature.

 

Philippe est un jeune garçon timide, qui a été initié à la vie essentiellement par la littérature. La littérature, qui l'aide à surmonter sa timidité et à construire une façade de personnalité, sert rapidement d'écran, d'unique médiateur entre lui et le monde. Le texte fait de la littératie un actant dans le récit de la vie du personnage. La littératie le fait régresser sans cesse vers l'enfance : la littératie préside au processus de dévirilisation qui le maintient dans une phase liminaire et dans la marginalité sociale. 

 

C'est de cette logique narrative caractérisée par une tension entre passage et déchéance, entre rédemption et chute, que s'énonce une critique sociale et morale à la fois féroce et lucide. Cette littérature critique est essentiellement une critique de la littératie.

 

Écritures de la loi et procès charivarique dans «Kamouraska» d’Anne Hébert

Qu’en est-il de la distance introduite par l’écriture lorsque le droit ou la loi –eux-mêmes souvent écrits – sont précisément saisis par les œuvres littéraires? C’est en gardant la proposition de Jack Goody et cette question à l’esprit que nous aimerions nous intéresser dans le cadre de la présente recherche à la manière dont la loi s’écrit dans le roman Kamouraska d’Anne Hébert, en nous posant plus précisément la question de savoir comment la raison graphique vient imprimer sa marque au récit et bouleverser l’économie romanesque dès lors qu’il est question de la loi et du rapport à celle-ci.

Ensauvagement du personnage et écriture ensauvagée

 

Si les figures du sauvage et ses métamorphoses ont nourri nombres de fictions littéraires, force est d’admettre qu’à chaque époque correspond une figure particulière. Aussi le «vrai» sauvage est-il une construction culturelle toujours datée, néanmoins toutes ces représentations se fondent sur un système d’oppositions (nature/culture; civilisé/barbare; autochtone/étranger; bien/mal; etc.).

La figure du sauvage prend donc différents visages suivant les époques auxquelles elle appartient: homme-animal, sorcière, monstre, ogre, fou, criminel, psychopathe, mais aussi l’étranger, etc., chacune de ces incarnations étant ancrée dans un imaginaire collectif précis. Dès lors quelque soit la figure, il est possible de parler de sauvagerie fortement socialisée. D’ailleurs, les textes que nous travaillons au sein de ce groupe de recherche donnent la faveur au «sauvage» dans la cité tel un autre «malaise dans la civilisation».

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