Université Laval

Du monastère de Québec jusqu'au Grand Nord: Point de fuite de Marie Guyart de l'Incarnation

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Maison ultime des cloîtrés, le monastère, habitat de vie singulier s’il en est, peut devenir lieu de réclusion ou, comme ce fut le cas pour Marie Guyart de l’Incarnation, se transformer en point de fuite vers le dehors.

Bordeleau, Benoit. 2012. «Retaille hivernale»
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Bordeleau, Benoit

Bordeleau, Benoit. 2012. «Retaille hivernale» [Photographie]

Peut-être que notre maison

notre terre la mère a besoin de nous

qu’elle rêve de nos bras

qu’elle cherche nos pas1.

Rita Mestokosho

 

Cet extrait de la poète innue Rita Mestokosho résonne en moi comme l’inséparable alliance entre notre chair et la terre: que notre corps soit notre maison et que nos bras et nos pas soient le prolongement de la terre. Marie Guyart aura vécu dans son monastère avec la pleine conscience de tous les horizons.

Avant d’aller plus avant, quelques brefs éléments biographiques sont utiles afin de situer le personnage. Née à Tours en 1599, Marie Guyart se marie en 1617 et donne naissance à un fils (Claude Martin) en 1619. La même année elle devient veuve et doit assumer seule la responsabilité familiale. La Tourangelle attendra que son fils atteigne l’âge de 12 ans pour entrer au couvent des Ursulines de Tours en 1631. Guyart choisit Québec en 1639 pour implanter la première école française pour filles en Amérique du Nord. Elle sera parmi les premières religieuses cloîtrées de son époque à traverser l’Atlantique. Ses trois principaux ouvrages sont constitués de deux relations spirituelles et mystiques et d’une correspondance (plus de 10 000 lettres, dont 278 furent retrouvées). Ce dernier ouvrage représente le document le plus volumineux écrit par une citoyenne de la Nouvelle-France. Seules les Relations des Jésuites, écrites à plusieurs mains, dépassent en volume les écrits de Guyart. Confidente des explorateurs, des coureurs des bois et des autochtones, elle établira des liens avec ces derniers en apprenant les langues algonquine, montagnaise, huronne et iroquoise. Aussi, l’ursuline est considérée comme l’une de nos premières féministes, puisqu’elle a défié Monseigneur de Laval et lui a tenu tête lorsque ce dernier voulut imposer des constitutions ne convenant pas aux Ursulines. Elle meurt à Québec en 1672.

Si l’espace spirituel et mystique de la religieuse fut maintes fois abordé par les chercheurs s’intéressant à ses écrits, peu d’entre eux se sont arrêtés à ses textes parlant de l’espace du dehors. Pourtant, tout ce pan de sa vie d’écrivaine dénote une soif aiguë de connaissances des terres d’Amérique et permet de saisir un autre côté de la nature de Guyart. Ce qui fait l’intérêt de cette partie du corpus épistolaire n’est pas qu’elle traite du territoire, ce qui est également le cas dans nombre de documents des premiers arrivants européens, mais dans le fait que l’ursuline lui donne une place importante, tout en étant cloîtrée. Mais peut-être est-ce justement cet ancrage spatial, dans un pays où les frontières sont inconnues, qui accentue son besoin d’aller toujours vers l’ailleurs? Car Guyart est avant tout un être mystique, et, comme le précise Michel de Certeau:

Est mystique celui ou celle qui ne peut s’arrêter de marcher et qui, avec la certitude de ce qui lui manque, sait de chaque lieu et de chaque objet que ce n’est pas ça, qu’on ne peut résider ici ni se contenter de cela. Le désir crée un excès. Il excède, passe et perd les lieux. Il fait aller plus loin, ailleurs. Il n’habite nulle part2.

Cloîtrée mais non recluse, l’ursuline vivra son expérience de l’espace de la Nouvelle-France dans la cour et au jardin du monastère et découvrira son pays d’adoption à partir de certains écrits des Jésuites qui passaient entre ses mains3 et, aussi, en écoutant les habitants du pays, en discutant avec les explorateurs et les Amérindiens. Mais de quelles façons déploie-t-elle les représentations du dehors? Sa manière d’habiter le monastère peut-elle questionner notre façon d’habiter le monde? Les territoires s’incarnant dans les écrits de l’ursuline, j’examinerai ces questions en considérant la configuration spatiale qui les met en scène, soit en partant du plus petit lieu de vie – le monastère – pour élargir le regard vers le Grand Nord dont parle la religieuse.

En choisissant d’aborder son corpus traitant du territoire, j’ai opté pour l’approche de la géopoétique, privilégiant «un appel du dehors», pour reprendre les termes de Kenneth White, puisqu’elle s’avère pertinente pour la relecture des textes de Guyart que je désire entreprendre. Je rappelle de quelle manière White explique la naissance du concept:

À un moment donné, après de longues années de recherches en histoire et en culture comparée, je me suis demandé s’il existait une chose sur laquelle, au-delà de toutes les différences d’ordre religieux, idéologique, moral et psychologique qui foisonnent et parfois sévissent aujourd’hui, on pouvait – au nord, au sud, à l’est et à l’ouest – être d’accord. J’en suis arrivé à l’idée que c’est la Terre même, cette planète étrange et belle, assez rare apparemment dans l’espace galactique, sur laquelle nous essayons tous, mal la plupart du temps, de vivre. D’où le «géo» dans ce néologisme4.

Cet aspect du concept excluant toutes formes de prétention religieuse et morale rejoint mon traitement du sujet qui ne veut pas se positionner sous ces angles. Je désire entrer dans les textes de l’écrivaine comme on entre au jardin, comme on pénètre dans les bois, sans autre dessein que de donner priorité à cette Terre nous faisant vivre et d’interroger notre propre présence au monde. Je me dois ici de préciser que je déplacerai l’angle d’approche de la géopoétique, étant donné que cette dernière privilégie l’exploration in situ du territoire, ce qui ne fut pas le cas de Guyart, lorsqu’elle parle notamment du Grand Nord. De ce fait, je considère que la relation à l’espace du dehors ne se mesure pas uniquement en termes de connaissances in situ, mais aussi en termes d’attitude face aux environnements extérieurs jamais foulés par nos pieds et dont la transcription dans des textes littéraires témoigne d’une sensibilité aux espaces imaginés.

Allons maintenant sur les bords du Saint-Laurent, dans la première maison5 qu’a connue l’ursuline en Nouvelle-France. En 1639, elle décrit cette habitation dans une lettre à une de ses amies de France:

On ne croiroit pas les dépenses qu’il nous a fallu faire dans cette petite Maison, quoiqu’elle soit si pauvre que nous voions par le plancher reluire les estoiles durant la nuit, et qu’à peine y peut-on tenir une chandelle allumée à cause du vent. Je vous diray de quelle manière nous pouvons tenir tant de personnes dans un si petit lieu. L’extrêmité des chambres est divisée en cabanes faites d’ais de Pin: Un lict est proche la terre et l’autre est comme sur le fond, en sorte qu’il y faut monter avec une échelle. Avec tout cela nous nous estimons plus heureuses que si nous étions dans le Monastère le plus accommodé de la France. Il nous semble que nous sommes trop bien pour le Canada, où pour mon particulier je m’attendois de n’avoir pour tout logement qu’une cabane d’écorce6.

Annonciatrice de ce que sera sa vie sur le sol de Québec, cette maison, avec la couverture laissant passer les étoiles et le vent, se transforme déjà en passage vers le ciel d’Amérique.

Gaston Bachelard mentionne que «[l]a maison vécue n’est pas une boîte inerte. L’espace habité transcende l’espace géométrique7.» Dans ce pays excessif, la maison ne peut qu’être vécue lorsque les éléments de la nature s’invitent à l’intérieur des murs et imposent leur présence. Dans une autre lettre, l’ursuline déclare : «Je vous écris la nuit, enfermée dans notre chambre comme dans un coffre, à cause du froid […]8.» Plus tard, elle affirme: «Nos couches sont de bois qui se ferment comme une ormoire; quoy qu’on les double de couvertes ou de serge, à peine y peut-on eschauffer9.» La maison efface les frontières avec l’extérieur et baisse pavillon devant la froidure. Dans cet hiver non dompté par les nouveaux arrivants, l’habitation, la chambre, le lit ne réussissent pas à donner à l’être la satisfaction du refuge et se transforment en ouverture vers l’espace que la mystique porte en elle. Comme le précise Bachelard: «C’est souvent par la concentration même dans l’espace intime le plus réduit que la dialectique du dedans et du dehors prend toute sa force10». Guyart a vécu cette dialectique. Elle choisira sciemment une vie monastique tout en cherchant le large. Et c’est probablement ce qui donnera à sa vie cloîtrée une dimension plus grande que nature. Elle déclare en octobre 1646: «[J]e suis preste d’aller en tous les endroits du monde11». En octobre 1648, elle écrit: «Pour moy, je vous le dis franchement, je n’ay peur de rien, et quoy que je sois la plus misérable du monde, je suis prête et me sens dans la disposition d’aller aux extrémitez de la terre12». Le monastère, sa cabane au Kanata, lui assure un mouvement perpétuel vers le dehors. Sa fenêtre s’ouvre à chaque plongée de la plume dans l’encrier et les rivières, les lacs, le fleuve et les forêts deviennent le prolongement naturel de l’espace intérieur habitant l’ursuline. Ses mots esquissent une carte géographique et humaine de la Nouvelle-France. Relatant une course dans les bois d’une Amérindienne pourchassée par des ennemis, elle écrit:

Elle [la femme] rencontre un étang où les Castors faisoient leur Fort. Ne sçachant plus où aller elle se jette dedans y demeurant presque toujours plongée et ne levant la tête que de fois à autres pour respirer, en sorte que ne paroissant point, les Hiroquois désespèrent de la trouver, et s’en retournèrent au lieu d’où ils étoient partis. Se voiant en liberté elle marcha trente-cinq jours dans les bois sans autre habit qu’un morceau d’écorce dont elle se servoit pour se cacher à elle-même, et sans autre nourriture que quelques racines avec des groselles et fruits sauvages qu’elle trouvoit de temps en temps. Elle passoit les petites Rivières à la nage, mais pour traverser le grand fleuve, elle assembla des bois qu’elle arracha, et les lia ensemble avec des écorces dont les Sauvages se servent pour faire des cordes. Etant plus en assurance de l’autre côté du Fleuve elle marcha sur ses bords sans sçavoir où elle alloit jusqu’à ce qu’aiant trouvé une vieille hache elle se fit un canot d’écorce pour suivre le fil de l’eau13.

Que seraient les espaces du dehors sans l’exaltation de pouvoir les imaginer et les faire vivre en soi jour et nuit, de les prendre à bras-le-corps en se servant des mots et de se projeter dans un voyage incessant au cœur des terres d’Amérique afin de donner vie à une pensée véhiculant la matière?

Décrivant une expédition de troupes françaises en forêt, l’ursuline écrit:

Ils ont marché par des chemins des plus difficiles qu’on se puisse imaginer: parce qu’il y faut passer à gué plusieurs rivières, et faire de longs chemins par des sentiers qui n’ont pas plus d’une planche de large pleins de souches, de racines et de concavitez très-dangereuses. Il y a cent cinquante lieues de Québec aux Forts qu’on a fait sur la rivière des Hiroquois. Ce chemin est assez facile, parce que l’on peut y aller en canot et en chaloupe, y aiant peu de portages; mais passer au delà, c’est une merveille que l’on en puisse venir à bout parce qu’il faut porter les vivres, les armes, le bagage et toutes les autres nécessitez sur le dos. [...] [I]l fallut faire beaucoup de chemin par des montagnes et des vallées, et ensuite passer un grand Lac, à la faveur de plusieurs Cayeux que l’on fit14.

Cet extrait de Guyart m’a remis en mémoire les mots de Jean Désy:

Vous aimez descendre des rivières en canot. […] Vous êtes plein d’admiration pour les canoteurs qui remontaient les rivières au XVIIe siècle […]. Cela vous rend joyeux. Pourquoi? Parce que vous devenez un peu plus coureur de bois […]. Parce que vous redevenez un vrai de vrai, un habitant du XVIIe ou du XVIIIe siècle dans votre pays de poudrerie, pays d’Indiens portageurs et de Français enthousiasmés par cette vie de grands espaces où l’âme, de toute évidence, vole plus facilement15.

Pour certains d’entre vous qui pagayez, vous avez sûrement vécu l’état dont parle Jean Désy. Pareillement, lorsque dans mon coin de pays mauricien un canot accompagne mon bonheur, je suis le fil de l’espace et me sens à contre-courant du temps. Désy imagine le canoteur du XVIIe siècle et Guyart fait de même. Parlant des Amérindiennes dont elle admirait la bravoure, la hardiesse et la capacité à vivre au cœur de la forêt, elle dit à son fils: «Les femmes et les filles canotent comme les hommes16». Loin de la période romantique où l’écrivain s’extasiera devant la nature, les descriptions de l’époque classique se veulent mesurées. On ne s’émerveille pas devant les rivières et les fleuves. On ne fait que constater qu’ils sont là, à nos côtés. Au XVIIe siècle, le simple fait d’en inscrire la présence témoigne de l’importance qu’on leur accorde.

De rivières en rivières, de portages en portages, l’encre trace les routes de l’existence de Guyart.

Cloîtrée mais non coupée des chemins de la Nouvelle-France qui l’entourent, elle parcourt sauvagement un espace dont la vastitude nourrit les mouvements intérieurs: mouvement d’appropriation, mouvement d’écriture, mouvement d’une vie autre.

Le géographe Éric Waddell parle ainsi d’une qualité immanente de ce continent que nous avons sous les pieds: «L’Amérique est un continent qui nous rend sauvages, au sens beau et noble du terme. […] Où on est enfin délivré du poids du passé, de toutes les conventions […]17.» J’ajouterais que c’est à nous de saisir l’état sauvage afin de nous retrouver libres, face à la vie. Lorsque l’ursuline décide de laisser derrière elle la terre de France, elle quitte le vieux continent en apportant son désir, non pas de transplanter l’ordre européen en Amérique, mais d’installer un espace hybride à l’intérieur même de son couvent où la nourriture, les langues et les musiques amérindiennes font partie du quotidien. Fait rare en cette époque de colonisation, ses lettres insistent sur les ressemblances entre les deux peuples. Ayant eu elle-même à se battre contre la hiérarchie européenne de l’époque, Guyart abhorre les positions dominantes. Cette sensibilité face à la rencontre d’un autre monde n’est sûrement pas étrangère à son attrait pour un nouveau territoire, qu’il soit celui de son couvent ou celui se situant au-delà de l’horizon du monastère.

En 1670, elle parle des découvertes des Nations les plus éloignées du côté de la baie d’Hudson qu’on appelait à l’époque la «grande Baye du Nord»:

L’on a sçeu qu’à dix journées au-delà de ceux-ci [des Outagamis], il y a un païs où il fait six mois de nuit, sçavoir trois mois de nuit toute noire et sans aucun jour, et trois mois d’un jour sombre comme le crépuscule. Le païs est habité, quoi que presque toujours couvert de neige très-profonde, et il n’y a qu’un petit intervale de temps, où l’on voit la terre. Il n’y a pas un seul arbre, et les prairies n’ont pas l’herbe plus longue que le doigt. Les Habitans vivent de Cerfs, de Castors, et d’Asnes sauvages, et comme ils n’ont point de bois, ils font du feu avec les os, les peaux, et le poil des bêtes qu’ils tuent18.

Connaissons-nous mieux que la religieuse cloîtrée ce nord du nord, ces rivières éloignées, cette baie d’Hudson grandiose? Certains d’entre vous, peut-être. Marie Guyart n’a pas eu une connaissance in situ de ces territoires. Par contre, cette manière atypique de vivre la relation à l’espace du dehors peut donner l’occasion de nous questionner sur notre propre manière d’habiter notre lieu de vie le plus immédiat. Faisons-nous de notre cabane, de notre jardin, de notre maison un lieu permettant de rassembler notre être et de le définir en se liant à cette Terre nous portant afin de vivre une nouvelle présence-au-monde, pour reprendre ici une expression chère à Kenneth White?

Dans son ouvrage L’homme et la terre, le géographe français Éric Dardel écrit:

Il y a dans le lieu d’où la conscience se lève pour se tenir debout, face aux êtres et aux événements, quelque chose de si primitif que le «chez soi», le pays natal, le point d’attache, c’est, pour les hommes et les peuples, le lieu où ils dorment, la maison, la case, la tente, le village. Habiter une terre, c’est d’abord se confier par le sommeil à ce qui est au-dessous de nous: base où se replie notre subjectivité. Exister, c’est pour nous partir de là  […]19.

Le monastère de l’ursuline lui sert de point d’ancrage pour hisser sa vie là où elle le veut bien. Sa clôture se transforme, non pas en entrave, mais en catalyseur d’un discours levant le voile sur les terres du Nouveau Monde, lequel discours permet à la mystique de faire vivre le colossal territoire de son être «qui ne peut s’arrêter de marcher», pour reprendre les termes de Michel de Certeau. L’écrivaine a soif de donner souffle aux forêts, lacs et rivières, là-bas, au loin. Peut-être est-ce le fait que ces espaces sont insaisissables qui attire tant celle qui vit une relation mystique, laquelle se définit entre autres par le manque constant de l’Objet de désir? Inaccessible Dieu, inaccessible Grand Nord, qui abreuvent les jours de Guyart. Celle-ci embrasse son territoire intérieur un peu à la manière d’une coureuse des bois qui poursuivrait son chemin tout en sachant que le point d’arrivée lui échappera sans cesse:

Je m’apperçois quelquefois, et je ne sçai si d’autres le remarquent, que marchant par la maison, je vais chancelant; c’est que mon esprit pâtit un transport qui me consume. Je ne fais presque d’actes dans ces occasions, parce que cet amour consumant ne me le permet pas. D’autres fois mon âme a le dessus, et elle parle à son Époux un langage d’amour que luy seul luy peut faire produire: mais quelque privauté qu’il me permette, je n’oublie point mon néant, et c’est un abyme dans un autre abyme qui n’a point de fond20.

Dans son récit de voyage La Route bleue, Kenneth White traduit ainsi la singularité de l’espace terrestre: «Je quitte la ville de Québec. Route 175 Nord. J’aime cette pure notation mathématique placée entre deux mots lourds de sens. Le calculable et l’incalculable21.» Nous pouvons tracer des routes, mais le Nord se définit par la mouvance de ses limites. De même, les mots de l’ursuline portent en eux les chemins arpentés par nos ancêtres et les frontières indéfinies de l’époque qui ont permis de rêver la démesure de la Nouvelle-France.

Au cœur de son monastère, Marie Guyart de l’Incarnation aura vécu l’immensité de son être et du pays en se servant de sa plume qui abattra murs et clôtures.

Et si, à son arrivée à Québec, la vétusté de sa première maison fait en sorte qu’elle voit «par le plancher reluire les estoiles durant la nuit», dans le monastère de la rue du Parloir l’ursuline saura tourner son regard au-dessus de tous les horizons. Le 1er septembre 1663, elle écrit à son fils: «Voilà une Éclipse de Soleil qui commence, il est entre midi et une heure: si elle paroît en vos quartiers ce doit être sur les sept heures du matin, je ne vous en puis dire l'issue, car il me faut fermer ma lettre22

 

Pour citer ce document:
Bartlett-Jeffrey, Lucie. 2012. « Du monastère de Québec jusqu'au Grand Nord: Point de fuite de Marie Guyart de l'Incarnation ». Dans De marche en marche, habiter le monde. Cahier ReMix, n° 2 (juillet 2012). Montréal : Figura, Centre de recherche sur le texte et l'imaginaire. En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. <http://oic.uqam.ca/fr/remix/du-monastere-de-quebec-jusquau-grand-nord-point-de-fuite-de-marie-guyart-de-lincarnation>. Consulté le 18 décembre 2018.
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