Cahiers Figura, numéro 08, 2003
Imaginaire et transcendance
La transcendance participe de la possibilité même du sujet. Elle est inhérente à ce qui le constitue en tant qu’il est traversé par le sens, qu’il parle, agit, participe au théâtre intime et politique des représentations; alors la scène n’est possible comme scène qu’à partir du moment où l’Autre la regarde, bref où le sens tient à même l’espace qui le fait naître. De sorte que ce n’est surtout pas la transcendance qui est imaginaire, mais l’imaginaire qui est transcendance dès lors qu’il devient l’occasion pour l’être parlant de reconnaître la coupure, la séparation qui le fonde. C’est en ce sens que l’humain se tient dans le drame de son désir.
Articles de la publication
Liminaire: Imaginaire et transcendance
La question de la transcendance s’impose sans doute dès lors que l’imaginaire est envisagé, qui ouvre une scène à la représentation de ce qui n’a pas de lieu. Une scène pour la figuration (an, rêve, métaphore), et pour la parole.
L’âme et le kamikaze
Pour un sujet, le fait que quelque chose le concernant, qui le dépasse et l’excède, vaille plus que lui-même, puisqu’il peut pour cela aller jusqu’à donner sa vie, ne va pas sans interroger le psychanalyste. Ce dépassement s’appelle transcendance et dans le registre des passions se nomme amour.
Le cérémonial freudien et la passion de voir
Définissant la religion comme une pratique rituelle, Freud en fait la névrose obsessionnelle universelle. Cette universalité pose le religieux comme constituant du psychisme humain.
L’Autre du miroir
Un texte d’Isaac Jogues sera commenté sous un certain angle: celui de la détermination d’un regard qui fonctionne comme miroir et adresse: une destination de l’image qui vient au corps pour en dire l’incarnation.
La tentation du désir: une lecture de «La Tentation de saint Antoine» de Gustave Flaubert
L’acte d’énonciation s’accomplit parfois au risque et même dans la crainte de dériver, de se perdre. Cette inquiétude se justifie d’ailleurs de l’écart qui est la condition même de la parole, le «parlêtre» se reconnaissant sujet d’une langue, d’une parole, d’un désir, comme d’une nécessité en partie étrangère dont la détermination le dépasse.
Quand transcendance rime avec danse
Il s’agit d’illustrer comment certains mystiques de l’Islam usent de la fonction symbolique, dans les limites du respect de la sharia, pour transcender les réalités matérielles, dont le corps.
Dionysos: Regards sur l’homme et le dieu
Les rites dionysiaques sont quant à eux aussi bien pratiqués dans un cadre civique qu’en milieu naturel dans la plus pure sauvagerie. Cette confusion nous amène à poser la figure de Dionysos en tant que frontière entre le Même et l’Autre.
Je frapperais le soleil…: Achab et le cercle vicieux
Dans Moby Dick, le signe est toujours à la fois insaisissable et surexposé, il est fait d’une absence constitutive et d’une surcharge inextricable; c’est aussi bien l’aveuglement d’un silence nécessaire (et religieux) qu’un palimpseste au discours multiplicateur.
Le murmure et la Voix: Transcendance, politique et Compagnie chez Samuel Beckett
Depuis Platon, tout discours politique se voit assujetti à une forme quelconque de transcendance. Aussi bien l’exercice d’une parole que la pratique collective d’une langue ne sauraient se priver du fondement qu’elle instaure.
Métacritique de l’écriture dans «Prisión perpetua» de Ricardo Piglia
Les Espagnols conquirent l’Amérique avec l’épée dans une main et la croix dans l’autre. Les peuples amérindiens subirent ainsi une domination non seulement militaire, politique, sociale et économique mais aussi spirituelle.
Le poids de l’histoire et la tentation du Bien en Allemagne
Etre un citoyen allemand après la guerre, c’est vivre avec le poids du passé. La grande Allemagne au nationalisme exacerbé, aux tendances belligérantes et hégémoniques, celle-là même qui est responsable des deux conflits les plus violents du XXe siècle et de la Shoah, hante toujours l’imaginaire de ce peuple.
Écrire: le champ de la férocité
Pour finir, venons-en tout de suite au fait, au trognon de l’affaire, dirait Céline: Écrire, c’est faire l’expérience de l’étranger. Banalité, direz-vous, chose entendue, ressassée, parlez-nous d’autre chose.