Articles des chercheurs

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Université du Québec à Montréal

Les paradoxes de l’altérité et la traversée des cultures dans l’oeuvre de Le Clézio

Bouvet, Rachel
La réception critique de l’oeuvre de Le Clézio a généré un certain nombre de paradoxes. Certains se rapportent à l’identité de l’auteur: s’agit-il d’un auteur français, mauricien, francophone ou bien les trois à la fois? D’autres concernent l’écart entre la première et la deuxième période, l’aridité des premiers textes ayant cédé le pas à une grande fluidité. D’autres encore touchent aux différences de réception selon les publics, cette oeuvre pouvant être considérée comme populaire, si l’on en croit le succès qu’elle a auprès du grand public et des jeunes lecteurs notamment, alors qu’elle a été quelque temps boudée par certains milieux littéraires.
Bouvet, Rachel
Les grands espaces désertiques et marins s’étalent à leur aise dans le roman, un genre qui semble tout à fait approprié pour suggérer l’étendue, mais qu’en est-il de la nouvelle ou du récit bref? De telles immensités peuvent-elles servir de cadre à des récits n’occupant que quelques pages?
Bouvet, Rachel
Avant de commencer à lire les nouvelles de l'auteur syrien Abdessalam al-Ujayli présentées en français sous le titre Les lanternes de Séville, on apprend en quatrième de couverture qu'elles appartiennent à «la meilleure tradition des contes orientaux». Tradition qui évoque à coup sûr les Mille et une nuits, une atmosphère où règnent le merveilleux et la magie, et surtout une contrée éloignée, désignée sous le nom d'Orient.
Bouvet, Rachel
L’espace fantastique a longtemps été abordé à l’aune du décor gothique, effrayant dans ses moindres recoins, ses catacombes, ses chambres mortuaires, celles de Poe notamment, ses donjons d’un autre âge, ses châteaux perdus en haut des falaises. Cette atmosphère gothique perdure chez certains auteurs du XXe siècle, notamment dans les villes abandonnées, les îles perdues au milieu de l’océan ou les ruines donnant accès aux monstres venus d’ailleurs, chez Lovecraft par exemple, mais l’énigme tend à se déplacer du côté des points de contact entre les mondes, des frontières troubles laissant passer les créatures les plus étranges.
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Université du Québec à Montréal

Translittération et lecture: «Le livre des jours» de Taha Hussein

Bouvet, Rachel
Lors de la lecture de textes traduits, il arrive parfois que l'on rencontre des translittérations, objets situés à la croisée de deux langues, de deux alphabets. Ces mots qui détonnent dans la succession des pages imprimées, qui attirent l'attention en raison de leur aspect inhabituel, n'ont pas subi comme les autres le processus de traduction dans sa totalité.
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Université du Québec à Montréal

Du récif à la vague: figures de la mer chez Segalen et Le Clézio

Bouvet, Rachel
Si Victor Segalen a acquis la réputation d’être un écrivain qui n’aimait pas la mer, ni la navigation, il n’en demeure pas moins que le premier voyage en mer joue un rôle primordial dans son rapport à l’écriture, ce que l’on peut dire aussi de Jean-Marie Gustave Le Clézio, dont la fascination pour la mer est quant à elle bien connue. En tant que médecin travaillant dans la marine, Segalen a traversé trois océans et consacré plusieurs de ses textes aux îles du Pacifique, notamment "Les Immémoriaux", "Le Maître-du-jouir" et le "Journal des îles".
Bouvet, Rachel
Au désert, nul ne peut se fixer, s’installer, sous peine de sombrer dans la folie ou dans le néant: on n’habite pas le désert, c’est lui qui nous habite. Étonnant renversement qui fait du lieu le plus aride de la planète l’un des terreaux les plus fertiles pour la pensée: est-ce dû au pouvoir d’attraction exercé par le vide? au «silence éternel de ces espaces infinis» qui selon les cas nous effraie ou nous libère de la parole? à la forme des dunes qui s’apparente à celle du corps?
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Université du Québec à Montréal

Du désert ocre au désert blanc

Bouvet, Rachel
Sahara, un nom formé à partir de la racine « sahar », qui désigne la couleur ocre, fauve, auburn, autrement dit les nuances colorées du désert de sable, l’un des nombreux noms du désert en arabe, qui se dit aussi baidâ, bâdiya (le désert des bédouins), qafr (terre abandonnée), ou encore mafâza (de fawaz, traverser le désert, triompher, gagner). Sahara, le désert ocre: cette connotation sémantique, cette couleur qui sert à identifier une entité paysagère, a complètement disparu lors de la francisation du mot, qui fait rêver en couleurs, certes, mais qui ne sert à désigner que l’ensemble géographique situé en Afrique du nord.
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Université du Québec à Montréal

Trois variantes de la figuration du désert: le nomade, l'anachorète, le vide

Bouvet, Rachel
Espaces hostiles à l’être humain, présentant des conditions de vie extrêmement difficiles, les déserts demeurent pour beaucoup d’entre nous des espaces blancs sur la carte du monde, des contrées dont on connaît mieux les représentations, sous forme de photos, de textes, de tableaux ou de films, que les réalités physiques. Comment expliquer que ces régions si pauvres aient pu donner lieu à une figure aussi riche sur le plan de l’imaginaire?
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Université du Québec à Montréal

Des traces éphémères aux lettres du désert

Bouvet, Rachel
L’une des singularités des déserts tient dans le fait que l’humain n’y a pas laissé de traces, si l’on excepte bien entendu les zones pétrolifères. C’est d’ailleurs pour cette raison que cet environnement est souvent perçu comme la figure du vide par excellence. Voici par exemple comment l’un des grands arpenteurs et écrivains du désert, Théodore Monod, décrit le Sahara: «Rien, le désert nu, voile d’espace, de roche, de sable et de lumière dont le vent de l’esprit se revêt pour jouer au désert et au marcheur».

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