Journée d'étude
Université du Québec à Montréal

Nom de code: Cloverfield

Vendredi 2 Avril 2021
Organisateur(s):

Crédit : The Cloverfield Paradox (Julius Onah, dir., 2018)Paramount Pictures/Netflix

 

Présentation de la journée d'études

Alors que la rumeur court qu'à la faveur du grand confinement du printemps 2020 un quatrième épisode de la saga Cloverfield aurait été tourné en catimini dans un Paris dépeuplé, il nous semble utile de questionner les enjeux de cette série telle que nous la connaissons aujourd'hui. On pourra notamment s'attacher à la manière dont y sont traitées les notions d'événement, d'espaces emboîtés et de dimensions parallèles, de peur et d'angoisse, voire d'horreur et de révulsion; aux easter eggs qui, d'un épisode à l'autre, assurent le plaisir du spectateur, aux relations complexes entre les personnages, non seulement principaux (Rob et Beth, Michelle et Howard, Ava et Mina, etc.) mais aussi apparemment secondaires (Hud, Lily, Marlena, Emmet, Jensen, Volkov ou Schmidt), à la monstruosité (Que doivent les monstres des trois épisodes non seulement à la tradition du Cthulhu ou de Godzilla mais aussi aux fameux «craignos monsters» du cinéma de genre, de série B, voire Z à la façon de The Giant Claw [1957] ou d'Inframan [1975]?), aux multivers (concept qui est au cœur de nos post- et hypermodernités «néo-baroques»), aux anomalies temporelles, à l'amour sacrificiel, au deuil, à la nostalgie ou à la déception thématisée à l'intérieur même de chaque épisode. On pourra même s'intéresser à Overlord (2018), qui fut un temps présenté comme le quatrième film de la franchise et qui, bien qu'à part, reprend bien des thèmes et manières de la trilogie (la conspiration, les dangers d'une science non-maîtrisée, l'expérimentation mortifère, la reprise et la superposition des stéréotypes du cinéma d'exploitation, l'immersion du spectateur dans un univers où règne une peur «primale» au sens freudien du terme).  

Il serait également intéressant de s'interroger sur ce que cette saga doit à l'esthétique et à aux thématiques vidéo-ludiques de la survival horror, du Doom-like ou du first person shooter. On pourra aussi s'intéresser à la manière dont les Cloverfield sont reliés, explicitement ou implicitement, non seulement entre eux, mais aussi à l'imaginaire global de J.J. Abrams (Lost, Fringe, Revolution, Alias, Super 8, etc.). Bien entendu, on se penchera aussi avec profit sur l'importance de motifs apparemment anodins comme le Slusho, cette boisson énergétique de la compagnie Tagruato, qui semble jouer un rôle majeur, bien que souterrain, dans l'univers des Cloverfield. Ce dernier –le fameux Cloververse–  sera ainsi abordé dans une approche transdisciplinaire associant la sémiotique, la psychanalyse, la sociologie, la philosophie politique, l'anthropologie culturelle ou encore la psychologie des médias pour tenter de répondre à ces deux questions intimement liées: d'où viennent les monstres? Peut-on leur échapper? 

 

Programme de la journée d'études

Cliquez sur le titre d'une présentation pour accéder à l'archive audio.
 

Pour citer ce document:
Leiva, Antonio Dominguez, Sébastien Hubier, Victor-Arthur Piegay, Lorène Trémerel et Juliette Fridli, (org.). 2021. Nom de code: Cloverfield. Journée d’étude organisée par Figura, le Centre de recherche sur le texte et l'imaginaire. En ligne, 2 avril 2021. Documents audio. En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. <http://oic.uqam.ca/fr/evenements/nom-de-code-cloverfield>. Consulté le 23 septembre 2021.