Journée d'étude

Pudeur et chasteté dans l'érotisme de Jean Rollin

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Vendredi 8 Avril 2011, 14:00

L'absence du nom de Jean Rollin à l’hommage aux disparus lors de la dernière cérémonie des Césars apparaît aujourd’hui comme la parfaite illustration de l’incompréhension généralisée d’une œuvre ayant connu un certain regain d’intérêt depuis le décès de l’artiste. Mis à part une poignée d’articles élogieux rédigés par de rares défenseurs, force est de constater que le départ du cinéaste en décembre a principalement provoqué un rire moqueur, que ce soit celui de journalistes réduisant sa filmographie à une énumération des titres cocasses de ses productions pornographiques ou encore, celui de nanarophiles revisitant l’un de ses films dans le cadre d’une soirée psychotronique. La réputation de pornographe et de père du Z français qui a suivi Rollin tout au long de sa carrière persiste toujours, à un tel point tel que, comme je l’écrivais dans un texte publié chez Offscreen en 2010, toute étude académique portant sur ses films et romans se doit de débuter avec la justification de ce choix. Au-delà d’une prise de position sur la qualité de sa création, geste qui découlerait ultimement d’une appréciation personnelle, force est d’admettre que l’on peut objectivement considérer Rollin comme un cinéaste à part entière, dans la mesure où il répond aux critères de la politique des auteurs établie par Truffaut et ses pairs des Cahiers du cinéma dans les années 50. C’est ce que démontre Pascal Françaix lorsqu’il affirme que Rollin «[…] se meut avec aisance dans un univers mental dont il a patiemment forgé les clefs, les thèmes et les codes» (FRANÇAIX, 1996), des propos qui rejoignent les réflexions du réalisateur des 400 coups, mais également celles de Bazin, Astruc ainsi que leurs nombreux successeurs.

Pour lire le texte complet sur Pop-en-Stock.

Simon Laperrière rédige actuellement un mémoire de maîtrise sur le mythe des snuff movies à l'Université de Montréal. Programmateur à Fantasia depuis 2007, il dirige depuis 2010 le volet Camera Lucida, une section vouée au cinéma de genre contemporain réflexif. Il a été publié chez Hors Champs, 24 Images, Ring, Offscreen et La diagonale en plus de participer au collectif Vies et morts du giallo publié par Panorama-Cinéma. Il co-dirige les activités de OUPROPO depuis mars 2011 avec Jean-Michel Berthiaume et Gabriel Gaudette. On le verra prochainement devant la caméra dans Thanatomorphose d'Éric Falardeau.

Pour citer ce document:
Laperrière, Simon. 2011. « Pudeur et chasteté dans l'érotisme de Jean Rollin ». Dans le cadre de Érotique du vampire contemporain. Journée d’étude organisée par Figura, Centre de recherche sur le texte et l'imaginaire. Montréal, Université du Québec à Montréal, 8 avril 2011. Document audio. En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. <http://oic.uqam.ca/fr/communications/pudeur-et-chastete-dans-lerotisme-de-jean-rollin>. Consulté le 18 février 2019.
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