Université du Québec à Montréal

Appel de textes numéro 19 de la revue Postures

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Des romans en séries comme 50 shades of Grey aux bandes dessinées comme The Watchmen, en passant par les chansons pop de Lady Gaga, la télé-série The Walking Dead et les jeux vidéo tels Fallout, la culture populaire nous offre un éventail d’objets dans lesquels se manifeste la violence. En effet, la récurrence de cette thématique témoigne d’une tendance persistante, si bien que la juxtaposition de violence et culture populaire semble relever de l’euphémisme. Sa portée, qu’elle réside dans l’esthétisme, le contenu ou même la production, nous permet de penser la violence comme l’expression d’un phénomène culturel propre à notre société, ou encore comme un symptôme qui traduirait un malaise plus subtil.

Parfois, les images de violence sont flagrantes, sanglantes, bruyantes. D’autres fois, sa présence est plus discrète, passant même inaperçue. La pluralité de ses formes est innombrable. Mais malgré l’aspect qu’elle revêt, pour la philosophe Hannah Arendt la violence reste toujours, «par nature, instrumentale»1 et «n’est rien d’autre que la manifestation la plus évidente du pouvoir». Comment, dès lors, penser le pouvoir? À qui appartient-il? Qui le contrôle, sur qui et comment s’exerce la violence qui habite nos livres, notre musique et nos écrans ? Que pourrait voir et dire Arendt des explosions à n’en plus finir des récents films de guerre ou dans les balles projetées des pistolets que la reine des jeux-vidéos, Lara Croft, sorts des holsters attachés à ses cuisses musclées? La violence et le pouvoir, sont-ils derrière les armes que tiennent les personnages fictifs des œuvres littéraires et cinématographiques, ou est-elle dans les mains des dessinateurs, des écrivains et des scénaristes? Ou encore, dans celles des promoteurs, des responsables de la diffusion en masse de ces produits culturels, voire dans les mains de ceux et celles qui les achètent ?

Penser la violence nous force à penser aussi l’ambiguïté des rapports qu’elle implique. Et lorsqu’on la relie à la culture populaire, la violence peut se dévoiler à travers des rapports bien spécifiques. C’est dans cet esprit que l’équipe de Postures vous propose pour thème de son 19e numéro : violence et culture populaire. Nous vous invitons donc à réfléchir aux manifestations de la violence implicite, autant qu’explicite présente dans les œuvres variées qui forment la culture populaire, à la manière dont elle est utilisée au niveau diégétique ainsi qu’à son impact dans l’univers hors-texte et au rôle qu’elle joue dans les rapports sociaux. Il est également possible d’aborder les formes tangibles et symboliques de la violence, dans le cas de la violence systématique, par exemple, entraînée par la diffusion de masse des œuvres dans le contexte capitaliste. Ou au contraire, une violence infusée d’élitisme intellectuel, destinée à la culture populaire du fait de son dénigrement par une institution littéraire considérée comme plus «légitime».

Puisque nous sommes tous et toutes, à quelque part, agents ou victimes de la culture populaire, puisque qu’inévitablement nous en consommons et y participons, ce numéro de Postures se présente également comme une réflexion sur notre propre rôle – en tant qu’individu.e, étudiant.e.s, consommat.eur.rice – au sein de cette culture, et nous permettra ainsi de nous demander : comment nous travaille la culture populaire? et comment la travaillons-nous?

Créée en 1996 afin d’offrir un lieu de publication scientifique aux étudiant.e.s (de niveau baccalauréat au postdoctoral) en études littéraires, la revue Postures réunit chaque année une dizaine de textes articulés autour d’une problématique d’actualité dans les milieux littéraires et intellectuels.

Les textes proposés, de 12 à 14 pages à double interligne, doivent être inédits et soumis par courrier électronique aux directrices, à l’adresse postures.uqam@gmail.com avant le 9 septembre 2013. La revue Postures offre dorénavant un espace hors dossier pour accueillir des textes de qualité qui ne suivent pas la thématique suggérée. Les auteur.e.s des textes retenus devront participer à un processus obligatoire de réécriture guidé par le comité de rédaction avant la publication des textes.

Site Internet:  http://revuepostures.blogspot.ca/

Postures sur l'OIC: http://oic.uqam.ca/fr/publications/postures

 

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