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Frankenstein au cinéma

Friday 3 December 2021
Participant·e·s:
Faradji, Helen
Vézina, Alain
Caron, André
Ouellette, Annik-Corona
Després, Elaine
Cette semaine nous vous proposons un épisode hors-série sur les adaptations du roman «Frankenstein» de Mary Shelley au cinéma. Il s’agit d’une table ronde animée par Elaine Després qui s’est tenue lors du colloque «L’Ombre de Frankenstein ou le pouvoir d’une œuvre» le 17 novembre 2021 à l'Université du Québec à Montréal. Helen Faradji, Annik-Corona Ouellette, Alain Vézina et André Caron réfléchissent aux raisons qui expliquent l’abondance de ces films, les thèmes qu’ils mettent de l’avant, les choix esthétiques et génériques des réalisateurs, et de bien d’autres choses encore.

Squid Game

Friday 5 November 2021
Pop-en-stock transatlantique
Participant·e·s:
Dominguez Leiva, Antonio
Férry, Pierre-Olivier
Fieu, Régis-Pierre
Pierre-Olivier Férry, Régis-Pierre Fieu et Antonio Dominguez Leiva discutent de la série coréenne Squid Games, les raisons de sa grande popularité, son rapport avec d’autres œuvres (Bataille royale, Hunger Games, Parasite ou les pièces de Shakespeare), sa critique sociale, sa subtilité psychologique, morale et de mise en scène, ses liens avec la culture coréenne et son universalité, sa représentation de l’enfance et de l’ultracapitalisme. [Attention: l’épisode contient de nombreux spoilers pour ceux qui n’ont pas terminé de visionner la série.]

La figure du monstre

Friday 19 November 2021
Encodage
Participant·e·s:
Courtemanche, Mélanie
Chassay, Jean-François
Tremblay-Gaudette, Gabriel
Dans cet épisode de la série Encodage dédié à la figure du monstre, Mélanie Courtemanche s'attarde sur Frankenstein de Mary Shelley, Jean-François Chassay parle tératologie et clonage et Gabriel Tremblay-Gaudette explore la figure du Slender Man.

Gilles Menegaldo

Friday 22 October 2021
Entretiens Pop-en-stock
Participant·e·s:
Dominguez Leiva, Antonio
Menegaldo, Gilles
Cette semaine, Antonio Dominguez Leiva s’entretient avec Gilles Menegaldo, un des pionniers des études de la culture populaire en français, spécialiste de la littérature gothique, du cinéma d'horreur et des fictions policières.

Introduction [William T. Vollmann]

En 1993, dans «The Review of Contemporary Fiction», Larry McCaffery dirigeait un dossier sur les jeunes auteurs américains qu'il jugeait prometteurs. Sur la couverture, c'est le visage du jeune William T. Vollmann, alors âgé de 34 ans, que l'on remarque en premier, à gauche de Susan Daitch et de David Foster Wallace. Avec le recul, il est tout de même surprenant d'apprendre qu'à cet âge, Vollmann avait déjà publié six livres: «You Bright and Risen Angels» (1987), «The Rainbow Stories» (1989), «13 Stories and 13 Epitaphs» (1991), «Whores for Gloria» (1991), «Fathers and Crows» (1992), «An Afghanistan Picture Show: Or, How I Saved the World» (1992) et «Butterfly Stories» (1993). Si William T. Vollmann est aujourd'hui une voix importante de la littérature américaine, son œuvre demeure méconnue des lecteurs francophones. Ce premier dossier Salon double entend remédier à cette situation, en présentant cinq lectures qui éclairent les traits les plus marquants de son entreprise d'écriture.

La descente à Slab City

Le roman «La Famille royale» dépeint les villes de la Côte ouest des Etats-Unis en une épopée dantesque, une descente aux enfers à la recherche du salut dans la déchéance. Chaque ville représente une philosophie, une structure de l’espace mental dans l’espace urbain. Le roman élabore une dialectique conflictuelle entre San Francisco et Sacramento pour l’essentiel, mises en regard de Los Angeles et de Las Vegas plus brièvement. Au bout de son périple urbain, la quête métaphysique du héros déchu s’achève à Slab City, une utopie dont le dénuement et l’âpre poésie restent ouverts à tous les possibles.

Portrait de l'écrivain en artiste de la totalité

C'est sans doute dans cette démonstration par l'expérience de l'opacité du monde que réside toute la force de l'écriture de cet écrivain. Vollmann, peu importe le sujet qui le préoccupe, s'assure de déboulonner les idées erronées qui naissent en dehors de la sphère de l'expérience. Aucun concept, aucune notion ne suffit à épuiser la réalité. La pratique de Vollmann souligne à grands traits le vice inhérent à la pensée qui, à terme, manifeste toujours son insuffisance face à la souffrance humaine. La proximité apparaît dès lors comme un moyen de préserver le penseur de l'imposture.

Un tall tale postindustriel. You Bright & Risen Angels

Je verrai ici comment l’ouvrage de Vollmann, par le moyen d’une écriture vernaculaire autant dans ses thématiques que dans sa forme, récupère de manière inventive les tensions entre la nature et la technologie, voire entre l’oral et l’écrit. Dans une moindre mesure, il sera intéressant de voir comment ces tensions trouvent leur écho dans la tradition littéraire américaine, particulièrement dans l’écriture expérimentale d’auteurs postmodernistes comme Thomas Pynchon et, surtout, Robert Coover.

The prettiest thing is the darkest darkness: les récits des prostituées

Je croise régulièrement à Hochelaga où j’habite et dans le centre-sud de Montréal des prostituées de rue. Je leur souhaite souvent en silence d’être comme One Eye dans Thriller–a cruel picture (1974): de prendre les armes, de buter les emmerdeurs et de fuir dans une auto de police volée. Mes vœux de révolte sont aussi charmants que stupides. Lorsqu’on voit les prostituées de rue, dans les faits, on espère seulement qu’elles seront capables de marcher sans tomber jusqu’au prochain immeuble tant elles sont mal en point, et qu’elles trouveront un client rapidement pour que leur journée se termine au plus vite. Je ne regarde jamais ces femmes avec pitié. Comme tout le monde, elles m’effraient un peu. Elles font des mouvements brusques et chaotiques, elles me couvrent parfois d’insultes ou elles soulèvent leurs vêtements pour me montrer leurs seins. Je m’efforce de faire fi de mes craintes de petite fille sage, élevée dans une banlieue en région où pourrit dans l’ennui la classe moyenne aisée, et de les regarder droit dans les yeux. J’espère que mon regard est dur, j’espère aussi qu’il témoigne de la force un peu cruelle mais en même temps remplie de compassion qui m’habite.

L'expérience de la cohérence

«Central Europe» de William Vollman, à travers des fragments s'empilant comme des ruines que soude ensemble la violence refoulée de toute une civilisation, nous confronte à la réalisation du crime dans l'histoire. C'est le mal qui, dans ce roman où l'auteur intègre un vaste univers psychologique à une trame narrative composée d'évènements et de personnages historiques, fournit à l'action son rythme et sa cohérence. En travaillant à reconstruire la psychologie de personnes ayant vécu pendant la Deuxième Guerre mondiale ou un peu avant celle-ci, Vollman fait apparaître le rapport conflictuel entre les actions des individus et l'univers de possibilités historiquement favorables au crime, à la désolation, et plus largement à l'humiliation de tout ce qui rend le monde humain, dans lequel leur époque les a violemment projetés. Il importe peu que la représentation dans «Central Europe» de la relation de tel ou tel personnage à la Deuxième Guerre corresponde ou non à la réalité. Ce qui m'intéresse est davantage le questionnement sur le rapport de la spontanéité individuelle à l'objectivité massive de certains mouvements historiques, un questionnement qui dans «Central Europe» est poussé à l'extrême, en ce qu'il vient ébranler la possibilité même pour l'individu moderne de poser une distance entre cette objectivité et sa propre individualité.

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