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Saillant, Francine
Lapierre, Nicole
Müller, Bernard
Laplantine, François

Introduction. Les mises en scène du divers. Rencontre des écritures ethnographiques et artistiques

Les sciences sociales et en particulier l'anthropologie ont longtemps considéré les moyens dont elles disposent comme suffisants et adéquats pour décrire et traduire les mondes qu'elles exposent. Ces moyens, dans la plus pure tradition, sont l'écriture scientifique et les appareils conceptuels. Or, dans l'acte d'écriture, en passant du monde de l'expérience à celui de sa formalisation par le texte, la plupart des chercheurs ressentent, à un moment ou à un autre, que «quelque chose se perd».

Claude Cahun ou l'art de se dé-marquer

Depuis quelques années, je recense ces stratégies au sein de créations artistiques variées (œuvres littéraires, films, performances, etc.), l’art permettant en effet la part d’espoir et de liberté (de jeu ?) dont la réalité peut paraître dépourvue. Typiquement, ces œuvres sont issues de personnes marginalisées et questionnent plus d’une pratique normative, comme la convergence entre sexe et genre, l’injonction à l’hétérosexualité et la déshumanisation des êtres minorisés. C’est le cas de l’artiste française Claude Cahun (1894-1954), dont je me propose d’examiner l’œuvre avant-gardiste à partir du concept du dé-marquage. Mais voyons d’abord qui est cette auteure dont on parle encore trop peu.

Les voies douloureuses du posthumain dans les mangas et animes nippons

Après les études pionnières de F. L. Schodt sur le manga, il a fallu attendre la première synthèse académique sur l’anime, de la main de Susan J. Napier dans «Anime From Akira to Princess Mononoke», avant de voir lentement émerger des travaux de sociologues, psychologues, médiologues, historiens de l’art, critiques cinématographiques et littéraires sur ces deux versants complémentaires (mais non réductibles l’un à l’autre) de la culture visuelle japonaise.

Corps et corporalité dans «Moxyland» de Lauren Beukes

«Moxyland» a été publié successivement dans plusieurs pays anglophones, chez des éditeurs différents, avec des couvertures différentes. Sur la couverture de la version publiée chez Angry Robot, on voit les personnages principaux, ceux qui prennent en charge chacun à leur tour la narration. Cette image ne montre que les contours des têtes de ces personnages, et, au milieu de leur visage, entièrement blanc, le symbole qui s'affiche sur l'écran d'ordinateur quand il est impossible d'afficher une image, une croix rouge sur fond blanc dans un cadre noir. Ces silhouettes sans visage annoncent vraisemblablement les vidéos publiées par Toby sur Internet dans le roman, «faces blanked out of course». Pourtant, bien que leurs traits ne soient pas représentés, le lecteur peut identifier ces personnages sans aucune difficulté.

Transmission, greffe et rite de passage dans «Noggin» (2014), de John Corey Whaley

Que ce soit par le truchement du symbole, ou dans la matérialité de son exécution, la greffe est un thème privilégié pour approfondir le thème de la transmission. Surtout quand la chirurgie implique plus d’un organisme, comme dans l’allogreffe qui exige le transfert de tissus ou d’organes d’un corps à un autre, ou comme la xénogreffe, quand le donneur et le receveur appartiennent à des espèces biologiques différentes. Il y a tout lieu, alors, de se demander ce qui passe grâce à la chirurgie.

La chair monstrueuse pour transgresser les marges du corps féminin social dans «Dirty Plotte» de Julie Doucet

Julie Doucet, auteure de bande dessinée reconnue sur la scène québécoise et internationale, s’inscrit dans la mouvance underground qui bouleversa l’univers de la bande dessinée autobiographique québécoise à la fin des années 1980. C’est au cours de ses études en arts à l’Université du Québec à Montréal que Doucet se découvre un intérêt pour le neuvième art et amorce la production de sa première œuvre, Dirty Plotte, qu’elle publie de manière autonome sous forme de fanzine mensuel de 1988 à 1990.

Ce que le pop apprend au féminisme: «Charlieʼs Angels», «Thelma and Louise», «Jessica Jones», et quelques autres

J'ai l'impression que les débats actuels autour du féminisme pop demandent si le pop, la télé, la musique, le cinéma grand public et le star-system qui vient avec, constituent une bonne origine. Si on devient vraiment féministe par l'entremise du pop. Si c'est possible.

Subversion et éloge de la «méchante» dans «Maleficent»: la femme forte et puissante comme nouvelle héroïne du conte de Disney

Si les productions Disney sont au coeur de débats sur la représentation du genre, sur les rapports entre les sexes, on observe depuis quelques années une tendance progressiste qui tend à produire des films d’animation où les personnages féminins forts et actifs refusent le mariage et qui représentent les stéréotypes traditionnels de la féminité différemment. 

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