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Le traitement des paysages dans "Into the wild" de Sean Penn

« Il parcourt les routes de l’Ouest, envoûté par les dimensions et la puissance du paysage, excité par de petites infractions à la loi, goûtant la compagnie d’autres vagabonds rencontrés en chemin et laissant les circonstances décider de sa vie » 

- Jon Krakauer

J’ai découvert le film Into The Wild grâce à une discussion avec mon père qui, pourtant cinéphile, m’avait fortement déconseillé de le regarder. Il m’avait confié sa déception en me résumant le scénario de cette manière : « il y est question d’un jeune idéaliste qui après avoir traversé les États-Unis va se perdre au fin fond de l’Alaska et meurt stupidement. Aucun intérêt. » L’adolescence et l’esprit de contradiction aidant, j’ai eu soudainement très envie de voir ce film, récit d’un voyage tragique. 

Habiter la fuite: Pratiques spatiales de l'échappée

« Creo que todo va a salir bien para nosotros, Chauk. Vamos a llegar a donde queremos ir. »1 - Juan

« Car seul ce qui est lui-même un lieu […] peut accorder une place. » - Martin Heidegger

Il y a des réflexions qui forcent à partir, à ne pas rester ni dans une œuvre ni dans une théorie, mais à s’aventurer au-dehors, au risque de se fourvoyer et de se perdre. La réflexion que j’essaye de mener est de celles-là. Elle emprunte, au fond, les traits de ce qu’elle interroge : la fuite, l’échappée, traçant une ligne fragile entre deux lieux, l’un refusé, l’autre appelé, l’un inhabitable et l’autre rêvé.

"La longue route" de Bernard Moitessier: quitter la terre pour habiter la mer

« Je continue sans escale vers les îles du Pacifique parce que je suis heureux en mer, et peut-être aussi pour sauver mon âme. » (Moitessier, 2009 [1986] : 312) C’est par ces quelques mots écrits le 18 mars 1969 que Bernard Moitessier abandonne officiellement le Golden Globe Challenge, course autour du monde à la voile dans laquelle il s’est lancé le 22 août et qu’il est en passe de remporter. En gagnant cette course, Moitessier deviendrait le premier navigateur à effectuer un tour du monde en solitaire sans escale; partant, il entrerait dans l’histoire. 

Les règles de l’ensauvagement expliquées aux enfants par les lions (Approche ethnocritique du Roi Lion)

- Groupe privé -

Travail en cours, participatif (ouvert à tous)

 

Le dessin animé de Walt Disney Le Roi Lion (1994) aurait-il fait l’éducation de la génération née avec la mondialisation, comme l’Iliade et l’Odyssée avaient fait, selon Aristote, celle de la Grèce dans l'Antiquité ? Ce dessin animé est devenu un film culte, au sens où il a durablement façonné les représentations de toute une génération, née dans les années 80, frappée par le « malaise dans la civilisation », et éduquée par les seules productions américaines et japonaises.

Partant de l’hypothèse de l’ethnocritique, qui établit une relation d’homologie entre rite et récit, nous montrerons que ce dessin animé, prenant comme toile de fond un royaume animal dans une Afrique mythique, montre comment l’on devient homme, aux enfants de l’un et l’autre sexe, et de tous les pays. Le Roi Lion montre que la joyeuse et mélancolique phase de marge, qui caractérise le jeune homme-lion, entre l’enfance et l’âge adulte, est une étape indispensable mais nécessairement limitée dans le temps, afin de trouver sa place dans le cycle de la vie.

Geng, Alexis

Joseph Conrad. L'errance du verbe

Lorsque paraît en 1896 An Outcast of the Islands, second roman de Joseph Conrad, les critiques sont pour la plupart élogieuses, mais quelques voix discordantes se font entendre, qui pointent les défauts présumés du livre – long et fastidieux selon le National Observer, submergé par les descriptions d’après le Sketch.
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