Colloque

Être bête, dans l'art actuel

Jeudi 12 Avril 2018, 10:00

 

Présentation de la communication

«Certains artistes d’art actuel tels que David Altmejd, Shary Boyle, Kate MacDowell ou Kiki Smith choisissent de questionner la notion d’ensauvagement animal à la lumière de l’hominisation et de l’accès au symbolique. Ainsi, au début du 21ème siècle, aboutissons-nous à la proposition de Je est un animal à l’aide d’une diction humanimale qui tient compte des avancées conciliatrices de l’éco-critique et de l’éco-poétique plus que de la pessimiste humanimalité fondée sur le catastrophisme (Michel Surya). Nos artistes privilégient le loup, le singe ou encore le renard. Grâce à eux, ils interrogent les implications de la pensée darwinienne (l’individu représentant son espèce), l’accès au langage comme preuve d’humanité, l’identification à un genre (masculinité, féminité) ou encore la figure de l’artiste lui-même. À chaque fois, la question du médium –que ce soit la sculpture, le pastel ou encore la porcelaine– est essentielle. Elle entre dans un processus affirmé d’euphémisation de la feritas, pour reprendre un concept de Jean-François Mattéi, et du merveilleux qu’apporte la réalisation de toute zoofolie (Claire Caland).

L’esthétique zoofoliesque est fondée sur l’équilibre –cette fameuse notion du "beau" qui revient sur le devant de la scène avec des expositions telles que La beauté animale (Grand Palais, Paris, 2012). Que nous apprennent donc Altmejd, MacDowell et les autres sur l’esthétisation de l’ensauvagement au sein de l’art actuel? Que le couple antinomique dégoût/répulsion qui fonde l’imaginaire de l’ensauvagement ne paraît plus très opérant. Et que nous apprend-elle, cette esthétisation, au sujet de notre époque où les enjeux identitaires s’avèrent cruciaux, où la relation inter-espèces et intra-espèce se redéfinit? Que le rééquilibrage actuel semble en faveur d’une nouvelle relation entre l’homme et l’animal. Peut-être est-ce, aussi, une manière de requalifier l’homme dans un vaste réenchantement de notre monde, dans lequel l’animal n’est séparé de lui par aucun degré.»

[Texte de Claire Caland]

 

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Auteurs et artistes référencés:
Pour citer ce document:
Caland, Claire. 2018. « Être bête, dans l’art actuel ». Dans le cadre de L’animal et l’humain. Représenter et interroger les rapports interespèces. Colloque organisé par CRILCQ / Figura, le Centre de recherche sur le texte et l’imaginaire. Montréal, Université de Montréal, 12 avril 2018. Document audio. En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. <http://oic.uqam.ca/fr/communications/etre-bete-dans-lart-actuel>. Consulté le 19 juillet 2018.
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