Université du Québec à Montréal

Le jeûne et le ralentissement de la consommation

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Les travaux de ce séminaire seront ancrés dans des pratiques alimentaires choisies par les individus. On voudra donc faire une expérience alimentaire, pour ensuite la raconter et la théoriser. 

La première expérience alimentaire choisie est de « faire carême ». Je choisis de faire ce jeûne particulier, parce que le cadre religieux judéo-chrétien m’est plus proche - notamment dans mon histoire personnelle et familiale. Mais je ne m’identifie pas à la chrétienté et mon carême ne sera pas à proprement parler un jeûne confessionnel. Ce qui me tente c’est l’expérience de réduction alimentaire (et de consommation dans son sens le plus large) pendant une période de 40 jours. Historiquement, cette ascèse rapprochait les pratiquants à leur dieu. Pour ma part, je vois ça plutôt comme une critique du capitalisme (les dépenses alimentaires comptent pour 10-15% du revenu en Amérique du Nord) et une façon de reconfigurer notre relation sémiosique avec la nourriture (en considérant des enjeux liés à l’environnement, à la justice sociale, au travail).

La seconde expérience alimentaire consistera à faire des expériences culinaires liées à la fermentation : tenter de nouvelles recettes de pain, de yogourt, de kéfir, de fromage, de choucroute, etc. La fermentation est particulièrement intéressante du point de vue de la sémiotique, car elle consiste à travailler avec autrui – microbes, levures – afin de préparer des aliments. Et cette symbiose se poursuit dans nos tubes digestifs. L’expérience permettra alors d’envisager l’aliment (sa préparation et sa consommation) à l’extérieur d’un cadre anthropocentrique.

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