Université du Québec à Montréal

Présentation de l'atelier

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Et, longtemps après, par une nuit glaciale, Julien, qui s’était couché accablé de fatigue, entendit la voix plaintive d’un étranger qui lui demandait de lui faire traverser le fleuve. Aussitôt, se levant, il courut vers l’étranger, à demi mort de froid ; et il l’emporta dans sa maison, et alluma un grand feu pour le réchauffer. Puis, le voyant toujours glacé, il le porta dans son lit et le couvrit avec soin.
- Jacques de Voragine, «Saint Julien l'Hospitalier», La Légende dorée, chap. 30
 
Pas d’Ulysse sans Pénélope, pas d’Interstellar sans Murph, pas de Corto Maltese sans Bouche Dorée, pas de pícaro sans auberge ni de touriste sans hôtel, pas de navigation internet sans page d’accueil. 

De Pénélope à la page d’accueil : hôtes, étapes et hébergements du voyageur

Cet atelier propose d’étudier le voyage et ses représentations du point de vue de ce ou de ceux qui reste(nt) : quels lieux accueillent le visiteur? Qui est le compagnon qui attend ou reçoit? Traversée, itinéraire et errance sont possibles grâce à ces moments, ces espaces et ces personnages qui ne bougent pas et à partir desquels le voyageur peut imaginer son départ ou son retour. Cette réflexion se veut à la fois interdisciplinaire et synchronique de manière à pouvoir dégager des constantes et des variantes dans notre imaginaire de l’accueil et de l’hébergement. Cet imaginaire peut prendre des aspects bien différents : espace tragique (Hôtel du nord) ou lieu de respiration (Bird People); asile mystérieux (de l’île cachée de Calypso jusqu’au Darknet contemporain); hôtes subjugués (Le Chenal du Moine dans Le Survenant) ou menaçants (Norman Bates dans Psycho).

L’atelier, d’une durée de deux heures, se tient une fois par mois durant la session d’hiver 2015. Chaque séance est organisée par un volontaire (professeur(e)s ou étudiant(e)s) qui suggère un texte critique (ouvrage, chapitre, article) et une œuvre à (re)découvrir dans l’optique de l’atelier (tableau, extraits de film, planches de bande dessinée, scènes de roman, passages d’essai, etc.). Durant la première heure, l’organisateur(trice) de la séance propose un résumé du texte critique mettant en lumière ses principaux concepts opératoires, suivi d’une discussion avec les autres participants. La deuxième heure est consacrée à l’application collective de la théorie ou de la méthode étudiée sur l’œuvre retenue par l’organisateur(trice). Une brève bibliographie est soumise à l’avance à tous les participants pour préparer chaque séance.

L’objectif d’un tel atelier est de pouvoir partager nos lectures critiques et théoriques, de nous familiariser avec différentes approches méthodologiques mais aussi de pouvoir les mettre à l’épreuve des œuvres.

Organisatrices

Claudia Bouliane – post-doctorante (UQAM)

Judith Sribnai – post-doctorante (UQAM)

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