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Cnockaert, Véronique

En morceaux ou pas. Poétique de L’Un et du nombre dans «Le plus bel amour de Don Juan» de Barbey d’Aurevilly

Constamment mis en tension dans l’imaginaire du corps, le fragment et l’entier évoquent bon nombre de questionnements. Dans «Le plus bel amour de Don Juan», Barbey d’Aurevilly explore ces avenues de l’Un et du nombre par la mise en scène des rapports entre l’élue que devient la «petite masque» et la lignée de conquises qui se réunissent pour honorer leur amant commun dans le récit.

Cnockaert, Véronique

«Bouclage de boucle». Baise-moi de Virginie Despentes

Alors que le roman Baise-moi donne à voir, comme le remarque généralement la critique, une violence sexualisée grâce à laquelle «les femmes [Nadine et Manu] se font les sujets abjects de leur objectification» (Nadia Louar), un détour par l’analyse ethnocritique, si elle n’infirme pas ce constat d’inversion, révèle surtout de la part de l’écrivain la volonté de pousser le réalisme dans ses retranchements les plus radicaux. Cette radicalité est prise en charge par une endogamie esthétique que loge en creux tout désir mimétique et que soutient une logique carnavalesque poussée à l’extrême.

Barde, Cyril

La chair aperçue: piège et fétiche. Une lecture de «L’homme au bracelet» de Jean Lorrain

Dans sa nouvelle «L’homme au bracelet», Jean Lorrain met en scène une pratique de prostitution bien connue du XIXe siècle: la prostitution à la fenêtre. Celle-ci met à profit le pouvoir érotique de la fragmentation du corps grâce au cadrage de la fenêtre, au sein de laquelle les membres, têtes ou bras, émergent, afin de tenter les passants. Toutefois, cet appel fantasmatique et troublant n’est pas sans danger pour le passant de la nouvelle. Il prend par ailleurs plusieurs sens au sein du récit de Lorrain: entre fantastique moderne et mise en abyme de la fiction et de la poétique de l’auteur, le corps et ses fragments font aussi signe au lecteur.

Marquer, Bertrand

Le regard de l’anatomiste: de l’analyse au fétichisme

L’anatomiste, de par sa fonction, soumet le corps à la fragmentation. À l’aune de l’imaginaire de l’analyse, telle que définie par Michel Foucault dans Naissance de la clinique, il est ainsi possible d’observer comment le «regard de l’anatomiste», porté sur le détail des morceaux épars du corps, permet l’accès à un savoir autrement insondé dans les récits du XIXe siècle mobilisant une optique clinique, allant d’une analyse synthétique au début du siècle vers un fétichisme fin-de-siècle provoquant un renversement complet des finalités de l’herméneutique du corps fragmentaire.

Sermadiras, Émilie

La poétique du fragment dans «Sainte Lydwine de Schiedam» de J.-K Huysmans, ou comment donner forme à «un amas répugnant de bribes»

Dans son récit hagiographique Sainte Lydwine de Schiedam, Huysmans expose le corps déchiqueté et décomposé de la sainte selon un imaginaire aux croisements de l’analyse scientifique et de la spiritualité catholique doloriste. Or si la chair présentée est mise en pièces, il en va de même pour le texte qui la présente: fond et forme s’unissent ainsi autour d’une poétique du fragment qui met le corps au centre de ses préoccupations.

Bonnin-Ponnier, Joëlle

Le Corps du mangeur dans «Les Rougon-Macquart»

Dans les vingt romans qui composent les Rougon-Macquart, Émile Zola n’a de cesse de présenter des personnages tiraillés entre le besoin vital de la faim et le maintien prescrit en société et ce, en prenant le corps de ces mangeurs comme témoin et pilier de la description. Or, les parties spécifiques de l’anatomie du mangeur qui sont soulignées au fil de la série témoignent, chacune à leur manière, d’une soumission du corps (humain et social) au manque ou à l’excès, de même qu’au désir, tout en offrant à voir les influences physiologiques des milieux sur les corps socialisés des mangeurs dans l’esprit naturaliste du XIXe siècle. 

Vinson, Marie-Christine

Retour de l(’â)me: une lecture ehtnocritique d’En mer de Guy de Maupassant

La lecture proposée d’En mer de Guy de Maupassant, en montrant le choc de cosmologies hétérogènes à l’œuvre dans l’univers fictionnel, permet de mettre en tension deux lectures. La lecture réaliste fait de cette nouvelle un récit où la loi du profit s’impose face aux liens du sang et détruit les solidarités fraternelles. La lecture symbolique, elle, propose un univers où les rites déviants (enterrer son bras quand on est vivant) désorganisent le monde.

Moyes, Craig

«Un réaliste et rien de plus»? Pour une lecture sociocritique du Roman bourgeois

«En effet, pour nous du moins, Furetière romancier est, surtout et avant tout, un réaliste, un réaliste beaucoup plus fort que nos blafards réalistes d’à-présent, car il a de la couleur, du repoussé, du relief, des qualités chaudes qui rendent la copie de la réalité plus intense, et qui, par là, touchent à l’idéal; — mais c’est un réaliste et rien de plus!» (Barbey d’Aurevilly, «Furetière»)

Aissaoui, Marwa. Année inconnue. «Photo au port», [Photographie].
Ben Rejeb, Amira

L’expérience de l’absence dans «La Vie voyageuse» de Maylis de Kerangal

La Vie voyageuse traduit le désir immense, non pas seulement de changer d’air, de décor, mais de changer de vie: s’absenter de son entourage pour découvrir son propre monde, toutes les dimensions de son existence. L’absence des disparus va révéler à la protagoniste une nouvelle dimension d’être: l’absence comme présence à soi.

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