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Gervais, Bertrand

L'idiot de la banlieue. «Bienvenue au conseil d'administration» de Serge Cardinal

La banlieue rend-elle idiot? A-t-on droit, avec l'idiot de la banlieue, à une simple inclusion, à un fait anecdotique, accidentel - il y a un idiot et il se trouve qu'il est dans une banlieue -, ou à une relation nécessaire, une conséquence formelle, la banlieue faisant de ses habitants des idiots? Que faut-il entendre par idiot de toute façon? En d'où vient cette idée de le lier à la banlieue?
Mata Barreiro, Carmen

Le territoire de la banlieue dans les écritures migrantes comme spatialisation de l'identité

L'approche actuelle de l'urbain et du périurbain en tant que territoire conçu comme un «palimpseste», proposée par l'historien d'art et d'architecture André Corboz, conclut qu'«il n'y a pas de territoire sans imaginaire du territoire», et que «le territoire est sémantisé» et «discourable».
Tremblay-Gaudette, Gabriel

Les déclinaisons multiples de la banlieue dans le hip-hop québécois

On pourrait penser que la culture hip-hop et la banlieue nord-américaine ne font pas bon ménage. Dans l'imaginaire collectif, le hip-hop est ramené à plusieurs tropes -le rappeur, jeune homme généralement noir, exhibant sa fortune matérielle, qui revendique un mode de vie hédoniste et ne répudie pas les activités criminelles -que l'on associerait mal à la banlieue, caractérisée par un mode de vie paisible, banal, voire ennuyant, le terreau de la famille de classe moyenne.
Marcotte, Sophie
David, Sylvain

La banlieue en périphérie d'elle-même

Dans le cadre d'un collectif voué essentiellement à l'étude des représentations littéraires et cinématographiques de la banlieue, nous avons voulu explorer une autre facette de celle-ci, moins caricaturale, plus proche d'une certaine "réalité". Il n'était évidemment pas question de proposer une contribution en urbanisme, un domaine qui nous est étranger. Nous avons toutefois eu l'idée d'un compromis: dépouiller les journaux communautaires publiés en périphérie de Montréal pour voir quelles conceptions ou représentations de la banlieue y sont projetés.
Lachance, Jonathan

L'architecture des bungalows de la Société Centrale d'Hypothèques et de Logement (SCHL) et le mythe de la maison de banlieue au Canada

L'image typique que nous avons de la banlieue pavillonnaire nord-américaine est celle des vastes quartiers d'habitation parsemés de petites maisonnettes toutes semblables, anonymes et alignées à l'infini sur des rues monotones. Au Canada, la responsabilité d la popularité de l'image négative que nous en avons est attribuée à la Société Centrale d'Hypothèques et de Logement (SCHL).
Laforest, Daniel

Genèse de l'imaginaire périurbain au Québec. Le Ville Jacques-Cartier de Pierre Vallières

L'objectif dans ce qui suit est de suggérer une archéologie de la figure fondatrice de l'imaginaire suburbain du Québec possède une origine spécifique, idiosyncrasique, qui pour des raisons circonstancielles n'aurait pas pu être répliquée à l'identique comme l'implique pourtant notre définition usuelle des banlieues nord-américaines. En outre, le recours à la métaphores de l'archéologie suppose que cette figure peut-être distinguée au niveau le plus basique -c'est-à-dire au niveau formel, plutôt que culturel- des autres figures formatrices des banlieues en Amérique du Nord. C'est dans ses fondations, dans son édification même qu'elle aura imprimé sa marque.
Gervais, Bertrand
van der Klei, Alice
Parent, Marie

Introduction. La banlieue avec et contre ses clichés

Phénomène d'urbanisation majeur, la banlieue a pris de multiples formes en Occident après la Deuxième Guerre mondiale. En Amérique du Nord, alors qu'elle avale progressivement des kilomètres de territoire, elle est devenue une figure incontournable et, d'une certaine manière, embarrassante. Les auteurs qui participent à ce collectif le soulignent touts l'un après l'autre: la banlieue génère presque à tout coup le même lot de tropes, de thèmes et d'images constamment ressassés dans le discours social.
Dumoulin, Sophie

La (dé)raison symphonique de Rimbaud

À première vue, le poème «Les Ponts» d'Arthur Rimbaud peut évoquer, aux yeux du lecteur, le «dérèglement de tous les sens» dont le poète voyant s'est fait le héraut. Or, une lecture attentive, et sous un angle ethnocritique, nous permet de constater que, entre dérèglement des sens et (dé)raison graphique, il n'y a qu'un pont à faire.
Popovic, Pierre

Note de lecture sur l'incipit d'«Éboueur sur échafaud» d'Abdel Hafed Benotman

Sa première phrase branche le roman d'Abdel Hafed Benotman sur l'une des cinq dimensions de l'imaginaire social, la cognitivité. Pour le tout jeune Faraht Bounoura, dit Fafa, petit dernier de la famille Bounoura, c'est une révélation: «Le savoir -lire et écrire- ne lui servait à rien.» Voilà mise à mal l'une des évidences doxiques contemporaines les plus consensuelles. Savoir lire et écrire est un droit de la personne humaine pour l'Unesco, la République se fait un devoir d'en garantir l'apprentissage pour tous, l'accès à la culture écrite est de longue date une des premières conditions à l'intégration dans une société comme celle de la France.
Privat, Jean-Marie

Scénographie militante de l'obscène

«Baise-moi» de Virginie Despentes s'ouvre sur deux citations de mauvais augure, mises en exergue. L'une d'origine incertaine oppose brutalement "amour" et "sexe", l'autre est extraite de Souvenirs de la maison des morts de Dostoïevski: «Et parce que tu es tiède [...], je te vomirais par ma bouche.» Le roman se clôt par cette phrase à la fois fataliste et sibylline -«On croit pouvoir y échapper.» Notre hypothèse de lecture est que l'omniprésence polymorphe de la violence physique et symbolique qui parcourt le roman prend toute son insupportable abjection dans la dialogisation de langages et d'univers apparemment très hétérogènes.
Vinson, Marie-Christine

Sur Jean Echenoz, «14»

L'extrait choisi -le début du roman- se termine par cette «Aures habet, et non audiet» («Ils ont des oreilles et n'entendent pas»), qui est une référence à la Bible et à «Quatrevingt-treize» de Victor Hugo. Si cette citation joue le rôle d'une prophétie, la lecture peut alors se pratiquer comme une sorte de mantique qui permet de retrouver le faisceau des intersignes, des signes annonciateurs d'un événement dramatique (la guerre, la mort, les morts), présents dans le texte.
Pelletier, Vicky

À défaut d'ensauvagement, la sauvagerie

Dans «Running Wild» («Sauvagerie» en traduction française), paru en 1988, J. G. Ballard s'intéresse au phénomène des communautés fermées. Ce récit prend la forme d'une enquête menée par un consultant psychiatre adjoint de la police de Londres, Richard Greville, qui doit faire la lumière sur un massacre sordide resté inexpliqué: au matin du 25 juin 1988, tous les adultes présents à Pangbourne Village, une communauté fermée située dans la banlieue de Londres, sont assassinés à quelques minutes d'intervalle, tandis que les treize enfants, âgés de huit à dix-sept ans, sont portés disparus.
David, Anne-Marie

Les représentations littéraires du travail (1945-2012). Une thèse sociocritique

La rentrée littéraire française de 2010 a été l'occasion de la parution de plusieurs romans sur le monde du travail. Le jeune narrateur de «Libre, seul et assoupi» de Romain Monnery relate avec humour ses premiers démêlés avec le marché de l'emploi, tandis que «L'Enquête» de Philippe Claudel décrit sur le mode kafkaïen une Entreprise tentaculaire où les suicides se multiplient. Nathalie Kuperman et Thierry Beinstingel, quant à eux, traquent dans «Nous étions des êtres vivants» et «Retour aux mots sauvages» le langage et les discours structurant la tragédie salariale quotidienne des anonymes et des sans-grade.
Semujanga, Josias

Le récit colonial dans le roman africain. «Paradis» ou la reconfiguration de la modernité

Des oeuvres africaines évoquent depuis le début l'événement transformateur que la Colonisation a été dans l'histoire moderne du continent. Des dramaturges, essayistes, romanciers et poètes débattent du rôle de la littérature dans le vaste projet intellectuel visant à penser la modernité africain et leurs oeuvres montrent la conception de la modernité qu'ils se font et souhaitent pour le continent, conception qui change avec les moments historiques. S'il est entendu que la notion de modernité se limite ici à la façon dont une société donnée et à une époque donnée pense son avenir et donc se définit dans sa différence avec des époques précédentes, il est aussi important de souligner la fonction de la littérature dans la modernité comme conscience d'un changement à travers l'histoire d'une communauté.

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